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Wikipedia, Fnac et Amazon, maîtres du livre sur internet

Clément Solym - 02.10.2012

Reportage - référencement - étude - livre sur internet


La présence des livres sur internet n'est plus un élément à discuter. À ce titre, le MOTif a poursuivi son étude, 2e édition, portant sur le référencement des ouvrages sur le net, au travers des moteurs de recherches. Enfin, du moteur, Google, qui dispose à lui seul de 90 % des parts de marché. L'e-médiation, cette solution qui passe par le référencement naturel, au contraire du positionnement, le travail d'optimisation, apporte les livres aux internautes, mais dans quelles conditions ?

 

La problématique de la présence sur la toile, tant des sites marchands que des sites d'éditeurs ou d'auteurs, est essentielle. Mais elle s'accompagne également d'autres acteurs, comme les blogs, les réseaux sociaux, dédiés au livre, ou non, ainsi que des sites de presse littéraire - ou encore des sites pirates. Et à ce titre, la concurrence entre sites marchands et sites pirates, si elle représente un important enjeu, n'est pas encore à l'ordre du jour. 

 

Pour comprendre ces enjeux, 75 ouvrages ont été ciblés - 50 tirés du classement Top 10 des ventes Livres Hebdo et 25 venant d'un panachage global d'autres tops des ventes. Les recherches effectuées tant sur le titre de l'oeuvre, le nom de l'auteur, mais également une série de mots-clefs - ebook, gratuit, télécharger, acheter et PDF - ont permis de définir un trio de tête sur les résultats de recherche : Amazon, Fnac et Wikipedia, chacun pour des raisons différentes. 

 

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Livres et internet : bonnes références exigées

 

 

Ressortent également une vingtaine de catégories, assez diversifiées, présentant un panel complet du paysage éditorial sur la toile. Dans son ensemble, le MOTif pointe les éléments suivants, comme autant d'éléments constatés au travers de l'étude : 

  • Une diversité des sites référencés et une concentration des sites : les 10 sites les plus référencés représentent 37 % des liens proposés par Google sur l'ensemble des requêtes.
  • Les sites d'e-commerce représentent 40 % des liens référencés. Amazon.fr et Fnac.com occupent toujours une position dominante dans le référencement : 22,1 % des liens référencés, quels que soient les mots-clés utilisés. Decitre.fr entre dans le top 5 des sites les plus référencés. 
  • Les librairies qui disposent d'un site marchand sont classées dans cette catégorie « e-commerce » : leur présence est certes plus faible que les plus gros cybervendeurs, mais on note celle de Dialogues notamment et celle des librairies numériques d'Epagine, Immatériel, Numilog.
  • Les blogs de lecteurs sont bien présents face aux grandes enseignes commerciales 
  • (21 % des sites les plus référencés). Les sites communautaires et les réseaux sociaux, en particulier Babelio, ont fait une percée remarquable dans le classement. 
  • Les éditeurs ne sont que rarement dans les 3 premiers résultats, même s'ils sont, avec les auteurs, correctement référencés via leurs sites officiels (sites d'Editeurs + sites d'Auteurs = 5e rang des types de sites les plus référencés) mais rarement dans les 3 premiers résultats, qui concentrent pourtant l'essentiel de l'attention de l'internaute.
  • Les sites pirates sont loin d'être dans les premiers résultats de recherche générique ; mais plus présents sur des recherches avec des mots-clés comme « ebook », « télécharger » et « pdf » (10 % des sites les plus référencés).
  • Librairies et bibliothèques sont peu référencées (moins de 1 % des résultats), pour des raisons notamment structurelles liées au fait que leur site n'est pas marchand de positionnement (l'optimisation du référencement n'est pas toujours leur objectif). 

 

D'autre part, plusieurs pistes s'imposeraient donc, aux acteurs soucieux d'améliorer leur présence sur le net : d'abord, le recours aux réseaux sociaux, autant qu'aux plateformes de blog, qui, bien que légèrement en marge du réseau attendu, n'en sont pas moins, aujourd'hui, des acteurs non seulement de prescription, mais également des porteurs d'une forte présence. Un outil essentiel pour les éditeurs, et qui valorise bien évidemment les oeuvres, et non leur commercialisation directe.

 

 

{CARROUSEL}

 

 

D'autres moyens sont encore à explorer, comme l'achat de visibilité au travers de campagne AdWords, par Google, moyens encore peu en vogue. De même que les vidéos et autres contenus multimédias (principalement les photos), ne sont plus du tout à négliger. Enfin, le travail sur les métadonnées, comme toujours, est un outil essentiel de la présence sur la toile, et ce, afin « d'optimiser l'affichage des informations sur les pages de résultats de Google, et d'associer correctement chaque page de contenu sur un livre à un titre, un auteur et un éditeur (sur la fiche du livre et au sein même de la page HTML) ».

 

Du côté des bibliothèques et des librairies, l'opportunité d'un portrait global, permettant de faire front et masse, pour l'ensemble des acteurs, serait peut-être à repenser. La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti a d'ailleurs relancé une mission sur cette question, pour éviter d'un côté l'écueil 1001libraires, mais de l'autre, assurer aux librairies indépendantes, une présence forte. Pour ce qui est des bibliothèques, le ministère n'a pas encore, manifestement, pensé à leur regroupement... 

  

Enfin, pour ceux que la question du piratage obsède, il faut retenir : 

Bon positionnement des sites pirates, présents dans la majorité des classements. La recherche par certains mots‐clés, en particulier « PDF » et « télécharger », met en valeur la qualité de leur référencement et la concurrence qu'ils peuvent faire subir à l'offre légale. À noter que la moitié de ces sites sont des moteurs de documents au format texte (surtout pdf, doc et rtf), indexant à la fois du contenu pirate et du contenu légal. 

 

Maintenant, plusieurs éléments sont à prendre en compte, nous expliquait Pierre Fremaux de Babelio : d'abord, le dernier algorithme de Google, Panda, avait porté un coup sévère aux sites marchands, en éliminant les pages produits dupliquées, ou encore celles qui n'apportaient aucune valeur ajoutée. D'autre part, cette méthode de mauvais référencement des sites marchands pouvait avoir pour conséquence de faire apparaître des sites indépendants, blogs, et consorts, afin de faire payer, par les sites marchands, une redevance au moteur de recherche. « Cette mise en avant montre clairement les moyens que le moteur est prêt à mettre à sa disposition, et les coûts que cela peut représenter pour les e-marchands s'imaginent facilement. »

 

Enfin, Le MOTif  met en place des formations pour les libraires et les bibliothécaires, destinées à leur donner les outils pour mieux maîtriser le net, et assurer une promotion de leur activité à travers la toile. Mais également pour les auteurs.

 

L'intégralité de l'étude est disponible à cette adresse

 




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