medias

Paris : le Centre d'archives LGBTQI en attente d'engagements de la mairie

Antoine Oury - 02.03.2020

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Centre archives LGBTQI - archives lesbiennes gays - bibliotheque LGBT


En novembre 2017, un collectif citoyen de lesbiennes, gays, bi·es, trans, queers et intersexes demandait la création rapide d'un Centre d'archives LGBTQI pour accueillir la mémoire, la documentation et la parole des individus LGBTQI et de leurs luttes. En 2020, le projet ne se concrétise pas, et le Collectif Archives LGBTQI déplore un manque d'engagements de la mairie de Paris.

Marche des fiertés Rennes 2018
Marche des fiertés à Rennes, en 2018
(CC-BY Missbutterfly, CC BY-SA 2.0)
 
 
Évoquée depuis le début des années 2000, l'idée d'un centre d'archives LGBTQI répondait à « une urgence déjà ancienne », comme le constatait le Collectif Archives LGBTQI dans un appel en 2017. « [L]a mémoire des LGBTQI se meurt en silence », indiquait alors le collectif, qui a publié un communiqué, le 29 février dernier, dans lequel il déplore une absence de « confirmation écrite des engagements pris par la mairie de Paris au cours de la réunion du 20 janvier 2020 ».

« Nous avons eu deux interlocuteurs à la mairie de Paris », nous explique Sam Bourcier, sociologue et membre du Collectif Archives LGBTQI, « Bruno Julliard, puis Emmanuel Grégoire [tous deux premier adjoint à la maire de Paris, Anne Hidalgo, NdR]. Lors des réunions avec Emmanuel Grégoire, nous avons appris qu'il ne pouvait pas tenir compte des conclusions de Bruno Julliard lors des réunions précédentes, car il n'avait pas eu de comptes-rendus écrits des échanges. »

Aujourd'hui, le collectif appelle donc de ses vœux des engagements écrits de la part de la mairie de Paris, après une réunion avec Emmanuel Grégoire le 20 janvier dernier, en présence de Hélène Bidard, adjointe à l'égalité hommes-femmes et à la lutte contre les discriminations, et de Christophe Girard, adjoint à la culture. Lors de cette réunion sont abordés deux points cruciaux, le lieu d'hébergement du futur centre d'archives et le partenariat avec la mairie de Paris, avec des implications financières.

« Nous demandons un compte-rendu de réunion écrit, et c'est bien le minimum, sinon nous devrons considérer qu'on nous a menés en bateau », souligne Sam Bourcier. Deux ans après l'appel du collectif, l'urgence est, on s'en doute, toujours d'actualité : « Nous devrions être en train de l'ouvrir, ce centre. Or, nous avons besoin de la mairie pour trouver un lieu, mais aussi en tant que partenaire, qui ne sera pas le seul, certes, mais qui sera un partenaire important. » Nous avons tenté de joindre la mairie de Paris pour plus de précisions.

La question du financement du centre reste cruciale : « La mairie sait bien que des dépenses de fonctionnement seront nécessaires, pour un centre d'archives. Nous ne pourrons pas nous permettre de courir après les financements, par projet », souligne Sam Bourcier.
 


En avril 2019, la mairie de Paris a publié un appel à projets pour un tel centre d'archives LGBTQI, qui n'a finalement pas abouti : le Collectif Archives LGBTQI n'y a pas répondu, car « cela aurait trahi notre logique d'archives communautaires. Nous voulons des archives où les usages seront variés, avec des publics variés, et pas seulement des historiens, ce qui n'intéresse pas les institutions qui s'occupent des archives. Nous avons l'expertise, qu'on nous laisse travailler », indique le membre du collectif. Ce dernier souhaiterait mettre en place un lieu d'accueil, de discussions et de valorisations des archives, capable d'héberger différents événements.
 
Dans l'attente d'un lieu, le travail de collecte physique n'a pas pu commencer : cela dit, le Collectif Archives LGBTQI a commencé le travail de collecte orale, avec la production et la diffusion de plusieurs podcasts sur la chaine du collectif, La Fièvre. En attendant des engagements écrits de la mairie de Paris, le collectif poursuit sa recherche de partenaires, notamment auprès des campus universitaires.


Commentaires
On finance un centre LGBT qui a une fréquentation quasiment nulle... placez vous un aprés midi au café en face et comptez le nombre d'entrée. ou bien qu'ils revelent le nombre d’adhérent a jour de leurs cotisations de ces associations pour évaluer réellement ce qu'elle représente. JE suis gay, je suis toujours sidéré voir des gens autoproclamé elu par personne parlé pour nous comme des associations qui n'ont aucun adhérent faire pareil. IL faut lutter contre tous les communautarismes. Si la ""communauté"" LGBT veut un centre d'archives elle n'a qu'a compter sur les dons des particuliers. Autre question il y a quoi comme document dans ce fond ? les magazines et livres qui sont a la bibliothèque nationale ? En tant que gay j'en ai assez de cette minorité d'activiste qui ne represente personne idem de ces associations.
Pourquoi ne pas déposer leurs archives dans un centre existant, comme les archives départementales (enfin, municipales à Paris), où il y a des dizaines de fonds spéciaux et particuliers ?



Non, ce qu'ils veulent, ce n'est pas qu'on s'occupe des documents, c'est qu'on affiche qu'on s'occupe d'eux, c'est juste un mat de plus où hisser leur drapeau aux frais de tous.
Pour répondre à Dan et à Aleph, les documents de l'histoire LGBTQI sont en fait peu présents dans les fonds de la Bibliothèque Nationale, même quand il s'agit des revues des années 1970–2000.



Quant aux Archives Nationales at aux archives de la région de Paris, leur mission n'est pas de reconstituer et partager la mémoire des personnes et cultures LGBTQI historiquement effacées par l'état, l'église, la famillie et la société en général.



Par contre, on a déjà crée un modèle très réussi de musées et centres d'archives gérés par la communauté. On les trouve dans plusieurs grandes capitales ailleurs dans le monde : à Amsterdam, à Berlin, à San Francisco.



Ces centres fonctionnent bien en partenariat avec les bibliothèques et centres d'archives traditionnels et reçoivent des subventions des municipalités, des régions et des gouvernements nationaux.



Pour un exemple, on peut regarder le site de la GLBT Historical Society à San Francisco, dont je suis membre fondateur. Cette institution existe depuis 35 ans.



www.glbthistory.org
Dommage de retrouver, encore et encore, des commentaires négatifs de gens qui ne connaissent pas le contexte et donnent leur avis depuis le zinc du café du commerce de la gare réunis sans prendre le temps de se renseigner sur le contexte.

Non il n'y a pas que revues et livres. Non il ne suffit pas de s'adresser aux organismes d'archives existants.

Non les dons de particuliers ne peuvent suffire.

Et oui, le collectif des archives LGBTIQ est composé de professionnels du secteurs, concernés et sérieux.
Pourquoi ne pas déposer vos archives a la bibliothèque nationale ou municipale. Le grand orient a déposé ces archives au fond de la BNF. En tant que gay je trouve votre argumentation un peu légère. Vous ne représentez personne que un groupe qui vous imaginez détenir une mémoire collective. il n'y a pas de mémoire collective la preuve suffit de regarder les tirages de presse gay... quand un magazine comme Tétu tire a 30 000 exemplaires alors que il y a 2,5 millions de LGBT... non le Journal Têtu n'a jamais été la mémoire collective des LGBT. Il est fraction ridicule d'une minorité qui voit dans ce journal son roman communautaire.

On pourait aussi parlé de ces valeurs. Mais c'est pas le débat. Et je doute que en chien d'un garde vous vouliez ce débat. On sait que il n'y a pas de place a l'intérieur de la communauté pour les LGBT qui ne pensent pas comme les activistes communautariste. A l'heure ou tous les communautarismes ne cessent de distiller le poison du communautarisme. vos archives devraient être a la BNF pas das un batiment et avec du personnel financé par nos impots car vous ne representez m^me pas la ""communauté"". Votre iniative va dans le sens inverse de l'histoire.
Cher Dan, je ne vous connais pas et je réagis avec beaucoup de retard mais je vous dis un grand merci ! Merci de porter une parole alternative à la langue de bois. Nous sommes bien plus nombreux / nombreuses à partager votre avis que ces quelques personnalités souvent en quête de pouvoir et de médiatisation. Une étude sociologique révèlerait sans doute une grande homogénéité de classe parmi elles, avec les aspirations et prérogatives qui vont avec.

Votre propos est éminemment plus politique, au sens plein, que ces arguments si faibles et peu convaincants sans cesse ressassés, indépassables.

Il règne dans les associations lgbt une grande violence et des discriminations souvent similaires aux scories de la société dans son ensemble. Un peu de réflexivité ne ferait pas de mal...

Personnellement, je n’ai pas le moins du monde envie de pousser leurs portes. Lesbienne, j’espère que ce centre ne captera pas des archives qui devraient être conservées et consultables dans des institutions publiques et non des lieux privés. J’espère que le clientélisme ne poussera pas les politiques à jouer le jeu de la privatisation et du lobbying des dominants.
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.