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Les fresques murales racistes d'une bibliothèque universitaire seront recouvertes

Victor De Sepausy - 13.08.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - fresque murale raciste - université Oregon bibliothèque - bibliothèque universitaire racisme


Un courrier de l’association des étudiants avait mis le feu aux poudres : la Knight Library de l’université de l’Oregon abrite plusieurs peintures murales considérées comme racistes. Datées de 1937, à la construction de l’établissement, elles ne peuvent être enlevées sans endommager l’œuvre et le bâtiment. Conclusion, elles seront recouvertes prochainement. 


 

On attend visiblement avec impatience ce restaurateur de Portland, qui interviendra au 1er octobre. Mais dans le contexte de la mort de George Floyd, les délais s’éternisent. Le vice-président, Patrick Philipps l’admet : « C’est une période historique dans notre pays et nous devons écouter les membres de notre communauté qui ont subi la douleur et l’aiguillon du racisme à l’intérieur du campus. »

Pourtant, couvrir des fresques murales revient à pratiquer une censure artistique inadmissible pour lui. « Mais il serait fallacieux pour quiconque de dire que ces œuvres, particulièrement dans une bibliothèque dont la mission première est d’accueillir et de soutenir l’ensemble du campus, ne sont “que de l’art”. » 

Et pour cause, vecteurs de préjugés raciaux, elles ont connu plusieurs actes de vandalisme au cours de ces dernières années. Même le doyen par intérim, Mark Watson le souligne : « Ces peintures murales suscitent la controverse depuis que je travaille à la bibliothèque — et cela fait plus de trente ans. »



 
La réémergence du mouvement Black Lives Matter provoque le destin, et précipite donc la chute de ces représentations. Des panneaux sécurisés recouvriront les fresques — dont l’une fait tout de même référence à « la conservation de notre héritage racial ». Autrement dit, la préservation de l’identité blanche, pas moins. Sacré message...
 

Prise de conscience


Watson reprend : « Ce qui a changé, c’est que la mort de George Floyd nous a vraiment démontré à tous que vient un moment où il faut agir. Et cela nous amène à un point où il n’est plus possible de simplement s’appuyer sur certains arguments, comme on l’a fait par le passé. Nous sommes pleinement conscients désormais que l’art public peut générer un environnement hostile ou peu accueillant pour les gens. »

Les panneaux, constitués d’aluminium renforcé, mais amovibles, coûteront près de 32.000 $ à l’établissement. Un plan de sortie de crise, qui ne passe pas par la destruction du patrimoine : simplement une étape avant de pouvoir ressortir les œuvres, contextualisées.

Quant à l'arrestation qui a entraîné la mort de Floyd, l'ensemble des images en a été diffusé suite à la plainte de médias américains, par décision du juge. Les caméras embarquées des policiers montrent des actions violentes et effarantes.



via Oregon edu
 

photos : Knight Library CC




Commentaires
A la BNF Tolbiac, il y a aussi des "oeuvres" accrochées bien choquantes...
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