L’Assemblée nationale et ses parlementaires ont dû se gratter l’occiput en découvrant la proposition de loi portée par différents membres. Ces derniers souhaitent interdire l’utilisation de l’écriture inclusive à tous, dès lors qu’une subvention publique est versée.



 
Une dizaine de députés incluant aussi bien Sébastien Chenu que Marine Le Pen se dressent. S’érectent même. S’insurgent également. Selon eux, l’écriture inclusive qui consiste à faire « ressortir l’existence d’une forme féminine, tend à se diffuser largement ». Et de déplorer que l’on tente même d’en faire une norme.
 

François 1er en renfort


Forts de ce que l’Académie française avait parlé de « péril mortel » en octobre 2017, les députés expriment leurs craintes pour l’avenir de la langue française. Ils rappellent charitablement que François 1er avait fait du français la langue officielle par l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539. Et que depuis, la Constitution l’a instauré comme langue de la République. 

De même : « La circulaire du 21 novembre 2017 relative aux règles de féminisation et de rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française, invite à ne pas faire usage de l’écriture inclusive pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel. » 

Pour les députés, la proposition de loi présentée compléterait ainsi la loi du 4 août 1994. Dès lors, « toute personne morale publique ou privée bénéficiant d’une subvention publique » se verrait interdire l’usage de l’écriture inclusive. 

En effet, soulignent-ils, « il est regrettable qu’il n’existe pas dans notre pays d’interdiction générale de l’utilisation de l’écriture inclusive ». Leur projet législatif vise donc à corriger le tir et garantir le maintien de l’emploi d’un masculin générique.
 

Les pour, les contre


Notons qu’en novembre 2017, une circulaire du Premier ministre — Édouard Philippe — interdisait l’usage du point médian permettant de faire apparaître la présence féminine dans une phrase.

A contrario, Wendy Delorme avait signé un texte pour défendre cet usage naissant. « Dans ma langue, je me sens, au mieux une passagère, pas vraiment clandestine, mais jamais légitime. » Elle frappait même plus fort : « La langue ampute les femmes de l’estime de soi depuis qu’il fut admis en des temps reculés que le masculin règne pour cause de noblesse. »

Et d’ajouter : « La grammaire n’est pas une chose apolitique, et l’hégémonie mâle en son sein est solide. »


photo : pixel2013 CC 0


Commentaires
"s'érectent"? Un petit point conjugaison peut-être, avant de passer au point médian ?
Bonjour !

On apprécie aussi le CNRTL en guise d'outil de référence pour les questions de vocabulaire et autre. Ainsi, le verbe érecter quoique manifestement assez rare pour vous surprendre, est bel et bien attesté.

https://www.cnrtl.fr/definition/dmf/érecter#:~:text=ÉRECTER : Définition de ÉRECTER



En tant que verbe du premier groupe, la conjugaison classique en découle.

Bonne journée
Sans doute eussiez-vous dû prêter plus grande attention à la source précise à laquelle vous vous abreuvez. En l’espèce, vous citez ici un dictionnaire du moyen français à votre défense, langue qui n'est plus parlée depuis un demi-millénaire.



Celui-ci, par exemple, confirme la validité du terme « habiteresse ». Pour autant, l’usage de ce terme en lieu et place du plus actuel « habitante » paraît peu justifié.

De même, vous ne causeriez que confusion en disant « mahaigner » plutôt que « blesser », « mutiler » ou « tourmenter ».



Alors, vous qui vous ne vous cachez pas de défendre l’innovation de l’écriture inclusive, tâchez de ne point vous montrer trop traditionalistes dans votre vocabulaire…
Qui sait si l'écriture inclusive fera long feu. En attendant, elle reste la vedette (d'une mode peut-être aussi éphémère que les jardins de juin aux Tuileries). On parle d'elle, on la pratique avec conviction, par obligation ou à la rigolade. Elle prête à l'escarmouche, l'entourloupette et les combats de coqs orthographiques. Bref, elle fatigue plus qu'elle n'amuse. Elle s'éteindra peut-être en même temps que la Covid-19...
Bonjour,



Je me suis prononcé depuis le début sur le sujet de l'écriture inclusive. Cette dernière est le fait de personnes bien en Cour au Ministère de l'Education Nationale. C'est une des tares du régime Jacobin, antinomique avec les valeurs de la Démocratie, c'est à,dire, au minimum, le respect des Citoyens.



Il ne faudrait peut-être pas oublier, avant de passer à "la réussite de cette découverte" - à connotations "sonnantes et trébuchantes" - que la France est un des seuls Pays qui, en Europe, n'a pas signé la Charte des langues régionales et/ou minoritaires.



Langues qui ont forgé notre Belle Langue.



Belle langue qui a déjà du mal à survivre dans beaucoup de Pays et cela parfois même...en France, "grâce"... entre-autres à de "beaux esprits" des salons parisiens.



Ces derniers sont invités à venir défendre leur beau projet... hors les fortifications de la Ville Lumière.



Gérard Gautier Saint-Brieuc.
Dans la veulerie ambiante, dans la médiocrité faite référence, quelques courageux ont osé se lever. C'est tellement rare que ça méritait au moins un article sur Actualitté. Dommage qu'il soit plutôt à charge : ça permet au moins de savoir ce que vous en pensez...

Toutes ces organisations gavées d'argent public doivent obéir à la loi et la loi impose le français comme langue de communication en France... Ça ne date pas d'aujourd'hui. La Révolution si chère à beaucoup de révolutionnaires de salon aujourd'hui, a imposé par la force le français à tous en détruisant tous les trésors des langues régionales.

PAS UN ROND pour les gens qui détruisent la langue française. Vous voulez faire la Révolution ? C'est votre problème, mais faîtes-le avec VOTRE argent !
Cette proposition de loi pèche par manque de subtilité, c'est le moins qu'on puisse dire. Interdire en masse, avec une menace de couper les fonds ? Que de rage et d'affolement inutiles ! Quels sursauts d'effroi à la moindre innovation ! A quoi bon ces soupçons hypertrophiés envers tout ce qui peut faire avancer une bonne cause ?



Ne pourrait-on pas plutôt se réjouir de voir un tel bouillonnement d'idées et de propositions dans la lutte pour l'égalité, discuter des bonnes pratiques à adopter, en tester quelques-unes, et voir ce qui fonctionne ?



On rappellera à tout le monde que la formule "Mesdames, Messieurs", employée scrupuleusement par tous les hommes et femmes politiques depuis des lustres, relève de l'écriture inclusive... et peu de gens la contestent de nos jours.



"Mais il y a de mauvaises idées dans l'écriture inclusive !" Certes. C'est à peu près inévitable. Mais l'écriture inclusive est justement un ensemble de propositions. L'accepter ou la rejeter en bloc, cela n'a pas de sens.



Cette proposition de loi ne cherche, au fond, qu'à faire ses choux gras des peurs et de l'ignorance des gens qui n'ont pas encore pris la peine de se renseigner sur le sujet. Un procédé classique de la part de l'extrême-droite, qui adore arnaquer les gens en les flattant dans leur ignorance et en leur faisant croire qu'ils ont tout compris. Ben non, désolé, c'est plus compliqué. Nuance, tout ça.



Enfin, quand on voit que selon "Bravo", la Révolution française serait coupable de la disparition des langues régionales, on a envie de... lui recommander de retourner dans une bibliothèque d'ouvrages d'histoire, s'il ou elle y a déjà mis les pieds.
« Enfin, quand on voit que selon "Bravo", la Révolution française serait coupable de la disparition des langues régionales, on a envie de... lui recommander de retourner dans une bibliothèque d'ouvrages d'histoire, s'il ou elle y a déjà mis les pieds. »

Qui doit retourner dans une bibliothèque ? La monarchie rêvait de forger une langue commune (comme les poids et mesure, et dans une moindre mesure la monnaie aussi). Mais la monarchie devait une grande partie de son pouvoir au respect de chaque peuple qui composait la France (« mes peuples » disait Louis XVI je crois) et de fait ne pouvait imposer un changement d'habitude. Le Roi était respecté s'il respectait le peuple.

La Révolution n'en eut cure, ne respectant par essence RIEN. « Du passé faisons table rase ». La Révolution a donc permis la réalisation du vieux rêve de la monarchie française avec la subtilité qu'on lui connaît : le Français... ou la prison (avec sa brochette d'excès pendant la Terreur), les mêmes poids et mesure pour tous et l'arrivée du Franc par la suite (qui au passage sera stable jusqu'à... la Première Guerre Mondiale : Coucou les agités de la Bourse !). Bien sûr, la chasse au patois a commencé grâce à l'école (Tiens, tiens, on y revient... Un des socles de l'écriture inclusive en France est l'Université, l'autre l'école) mais les commissaires de la République ont tout fait pour faire disparaître les patois : disparition de la presse, interdiction des livres et impossibilité de se réunir en parlant le patois.

Le résultat, on le connaît aujourd'hui. En Italie, 70Þ la population parle encore le patois (et souvent l'utilise comme première langue, même les enfants !). Plus personne en France. Notez qu'en Italie, les gens ont appris l'Italien grâce... à la télévision (merci la RAI !). Pas besoin de prison pour cela !

Maintenant, pourquoi croyez-vous que la République Française, pays des droits de l'Homme, n'a pas signé la Charte Européenne des langues régionales ? Tout simplement, pour ne pas être poursuivie devant la cour européenne de justice !
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