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Un livre sur les fresques Black Lives Matter réalisé sans l'accord des artistes

Antoine Oury - 27.07.2020

Edition - International - Black Lives Matter livre - livre graffiti - fresques Black Lives Matter


Un groupe d'artistes de Durham, en Caroline du Nord, est tombé des nues en découvrant des fresques murales réalisées dans le cadre du mouvement Black Lives Matter, reproduites dans un livre publié par un certain John Davis, et vendu 75 $. Aucune autorisation n'a été obtenue par le créateur de l'ouvrage, qui assure qu'il ne pensait pas à mal.
 
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Durham, comme d'autres villes aux États-Unis, a vu fleurir en marge des manifestations des fresques murales affichant les revendications du mouvement Black Lives Matter. Des créations parfois éphémères, que John Davis, résidant à Durham, a voulu immortaliser dans un livre de photographies, intitulé All/Black Lives Matter, réalisé par ses propres soins et vendu 75 $.

Problème, Davis n'a visiblement contacté aucun artiste avant de proposer leurs œuvres dans un livre commercialisé. « Vendu 75 $, et rien n'a été proposé aux artistes ? Pas un seul exemplaire offert aux artistes ? Pour moi, il y a quelque chose qui ne va pas », a expliqué Gemynii, un des artistes dont la fresque est reproduite dans le livre de Davis.

D'autres artistes, notamment ceux du collectif Art Ain’t Innocent, ont dénoncé la démarche de John Davis, qui utilise également une reproduction d'une fresque Black Lives Matter sur sa carte de visite. « Il utilise mon travail sans mon autorisation », souligne Wade H. Williams, artiste dont l'œuvre apparait sur la carte de visite de l'auteur et éditeur.

Outre l'absence d'autorisations des artistes, le titre choisi pour l'ouvrage, All/Black Lives Matter, a aussi tendu les auteurs des fresques, en brouillant le message d'origine. Les graffitis ont en effet bel et bien été créés pour porter le message de Black Lives Matter, mouvement qui lutte contre les inégalités et les injustices qui visent la communauté afro-américaine.
 

Rendre hommage, tout simplement


John Davis, auteur et créateur du livre, a défendu sa parution, assurant que son intention n'était que de « rendre hommage » aux créateurs et à leurs œuvres. « Si, par rendre des comptes aux artistes, vous voulez dire qu'il faut les identifier, sachez que chacun d'entre eux est cité sur la page correspondante », a-t-il ajouté. Il assure avoir déjà conçu ce type de livre, sans jamais se trouver confronté à une polémique pareille.

« Lorsque l'on travaille dans le domaine public, sur quelque chose dans la rue, et que l'on prétend qu'on a des droits dessus... Cela reste un mystère pour moi », a encore expliqué John Davis. Il a tout de même précisé qu'il avait détruit les exemplaires déjà fabriqués du livre, et qu'il n'en avait vendu que trois, pour 50 $ l'unité seulement. Chaque livre, selon ses propres dires, lui aurait coûté 25 à 30 $ pour la fabrication.
 
Si certains artistes assurent s'être tournés vers des avocats, d'autres se félicitent de l'action menée contre le livre. Gemynii, un des artistes concernés, rappelle l'évidence même : « Faites en sorte de payer et d'aider les artistes noirs de votre communauté. C'est très bien d'admirer les œuvres, mais assurez-vous de ne pas porter atteinte aux auteurs. Même si vous ne pouvez pas vous offrir l'œuvre, envoyez 20 $ à l'artiste. Offrez-leur un repas. Cela aide vraiment ! »

via News Observer, ABC11

Photographie : illustration, fresque à Washington par DEZ Customz Art (Elvert Barnes, CC BY-SA 2.0)


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