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Roberto Saviano : “Que la politique soit courageuse pour une fois !”

Nicolas Gary - 22.06.2020

Edition - International - Roberto Saviano politique - histoire mémoire lutte - combats liberté


S’il est bien un écrivain pour qui le confinement n’a pas vraiment différé du quotidien, c’est Roberto Saviano. Sous escorte et accompagnement policier depuis 17 ans, le romancier napolitain n’a pas chômé durant la période. Et depuis, a repris les combats avec ardeur — jusqu’à se piquer d’histoire et de système ferroviaire. 



Depuis quelques jours, Giorgio Marincola est devenu un héros. Redevenu, plutôt. Ou même : a finalement accédé au statut de héros de la Seconde Guerre mondiale, qu’on aurait dû lui attribuer voilà bien longtemps. Et ce, malgré la médaille qu’on lui décerna jadis.

Alors que des travaux sont en cours dans le métro de Rome, le journaliste Massimiliano Coccia a suggéré que l’on baptise la nouvelle station de la ligne C du nom de Giorgio Marincola.

Ce résistant, originaire de Somalie, fut « assassiné par les nazis et les fascistes », souligne Saviano, et à ce titre « représente un pont très fort entre le passé et le présent, entre la libération d’hier et celle, nécessaire, d’aujourd’hui ».
 
Au lendemain d’une mobilisation exceptionnelle à Rome, ce 19 juin, pour dénoncer le racisme dans la société, l’écrivain est venu abonder. Il importe que ce « résistant noir » puisse voir son nom associé à la ligne C d’Amba Aradam.


 
Le contexte italien était celui d’une revendication : un groupe antiraciste est allé couvrir de peinture rouge le buste du général Antonio Baldissera, actif dans l’empire éthiopien. Et incarnant une certaine image de la colonisation, du racisme social en vigueur en cette fin de XIXe siècle. 

Écho au mouvement Black Lives Matter, le groupe italien Restiamo umani a revendiqué ce saccage — et quelques autres. Notamment, le nom de la rue Amba Aradam, triste bataille en Éthiopie, ayant abouti, en février 1936, au massacre de l’armée de Moulougéta Yeggazou. 
 
C’est ici que Saviano intervient : appuyant la pétition du journaliste Massimiliano Coccia, adressée à la maire de Rome, Virginia Raggi, il remet au goût du jour l’histoire de Giorgio Marincola. Né le 23 septembre 1923, en Somalie, il partira à Rome et rejoindra un groupe de résistants lors de l’occupation de la capitale par les Allemands. 

Au sein de Partito D’Azione, il travaillera à la libération de Rome, contre les nazis et les fascistes jusqu’en juin 44. Il sera alors capturé, torturé et finalement relâché, et retournera combattre dans le nord du pays. Il sera assassiné, à un poste de contrôle à Castello di Fiemme, dans la province de Trente, le 4 mai 1945. 

« Giorgio a libéré notre pays par sa lutte, et s’il était un jeune de 2020, il serait sur place avec des centaines d’autres, à crier : “Black Lives Matter.” C’est pourquoi lui attribuer une station de métro crée un pont très fort », conclut Saviano. “Que la politique soit courageuse pour une fois !”


Commentaires
« « Giorgio a libéré notre pays par sa lutte, et s’il était un jeune de 2020, il serait sur place avec des centaines d’autres, à crier : »

Je suis toujours très mal à l'aise avec les gens qui font parler les morts. Les vivants sont suffisamment nombreux pour ça. Les morts ont laissé des écrits ou des actes aussi suffisants.
c'est pour le devoir de mémoire j'imagines que l'ont fait parler les morts....beaucoup de vivants racontent malheureusement beaucoup trop de conneries ce qui est néfaste pour notre monde actuel vu le contexte de ces derniers temps....les morts eux ne sont plus la pour parler...alors ont parlent a leurs place.....L.S.
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