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Nevada : le shérif attaque une bibliothèque pour son soutien à Black Lives Matter

Antoine Oury - 29.07.2020

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« Merci de ne plus appeler le 911 [numéro de la police aux États-Unis, NdR] pour obtenir de l'aide. » Dan Coverley, shérif du comté de Douglas, dans l'État du Nevada, n'a pas hésité : face au soutien de la bibliothèque locale au mouvement Black Lives Matter et à sa promotion de la diversité, il l'a tout simplement bannie de ses services. « Je vous souhaite bonne chance avec les incidents et autres comportements douteux », a-t-il précisé.

sheriff


Il ne fait pas bon soutenir la diversité des individus, dans le comté de Douglas. La bibliothèque locale, la Douglas County Public Library, comptait publier un communiqué pour faire part de son soutien au mouvement Black Lives Matter, qui traverse les États-Unis en portant des revendications d'égalité et de justice pour tous. Tout en pointant les violences policières à l'égard des Afro-Américains.

Le projet de communiqué indiquait : « Nous soutenons le mouvement #BlackLivesMatter », et dénonçait par ailleurs « tous les actes de violence, de racisme et de mépris des droits de l'Homme ». Si le message n'a finalement pas été publié, il a suffi à vexer le shérif du comté, qui s'est visiblement senti visé. Sur le site des bureaux de sa juridiction, l'homme de loi a publié un message à l'intention de la bibliothèque publique, lui assurant que tout appel au 911 resterait désormais sans effet.

« En raison de votre soutien à Black Lives Matter et du manque évident de solidarité et de confiance avec le bureau du shérif du comté de Douglas, merci de ne plus appeler le 911 pour obtenir de l'aide », a indiqué le shérif sur son site. « Soutenir ce mouvement revient à encourager des actes de violence et à espérer qu'ils surviennent dans le comté de Douglas », assure encore le shérif Coverley.
 

Rappeler que la bibliothèque est “ouverte à tous”


Du côté de la Douglas County Public Library, la surprise a été de taille, d'autant plus que le communiqué n'a pas été publié, en fin de compte. Amy Dodson, directrice de la bibliothèque, a assuré que le message n'avait rien d'une diatribe contre les autorités. « L'objectif était simplement d'indiquer que notre bibliothèque était inclusive, qu'elle est ouverte et accueillante, et que nous traitons chacun de la même manière. »

« Je veux souligner auprès du bureau du shérif que nous apprécions et respectons nos forces de police locales », précise encore la directrice.
 
Réalisant peut-être qu'il était allé un peu loin, le shérif Dan Coverley s'est entretenu, le mardi 28 juillet, avec Amy Dodson, pour mettre les choses au clair. « C'est une période compliquée à vivre pour les services de police et il peut être décourageant de découvrir que nos équipes semblent être visées par les critiques », a indiqué le shérif dans un nouveau message.

La directrice de la bibliothèque, pour sa part, s'est félicitée de l'échange, indiquant que l'affaire relevait « de circonstances malheureuses, menant à une incompréhension ».


via Reno Gazette Journal

Photographie : illustration, D - 15 photography, domaine public


Commentaires
Ah ben ça alors, on se demande ce que fait Darmanin !

Je sais bien que ce genre d'information (?) en provenance de la métropole est tout à fait essentiel aux autochtones des colonies, je me demande néanmoins pourquoi il faut qu'Actualitté relaye aussi fréquemment ce genre de truc sans intérêt.

Si à l'occasion vous nous trouvez un article sur les amours d'un libraire et d'une conductrice de taxi au Burkina-Faso ou bien sur les bisbilles entre un philatéliste sado-maso et une bibliothécaire romantique au Vietnam, n'hésitez surtout pas à me réveiller.
Quel est l'intérêt de cet article ???
bonjour,

je rejoins le mot de "Portrait du colonisé"... y compris pour commenter la photo. Qui se veut certainement du 25e degré mais dont l'effet est du 1er direct ou le "journaliste" ignore-t-il la force des clichés ? : c'est comme ça que petit à petit les références américaines et leurs représentations prennent le pas non seulement sur les nôtres existantes mais nos prétendues innovations ne sont la plupart du temps que des reprises d'initiatives américaines. Ceci n'est bien sûr pas un appel à la xénophobie anti américaine mais un appel à la vraie diversité et contre la domination et ses relais. Dont ce type d'article est, finalement, un exemple... parmi des millions d'autres. Même la "pensée" sur le racisme, nous l'importons d'un pays qui pratiquait encore l'apartheid dans les années 60... et dont on peut se demander s'il est en réellement sorti. La pensée américaine est très riche sur bcp de sujets et intéressante, mais en tant que monopole, ça devient une plaie qui se caricature elle-même comme un produit marketing avec ses travers hiérarchisants, compétitifs et cloisonnants. Est-ce vraiment le lieu de promouvoir tout ça ?
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