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Mort de l'écrivain espagnol Juan Marsé, prix Cervantès 2009

Nicolas Gary - 19.07.2020

Edition - International - décès Juan Marse - prix Cervantes Marse - écrivain espagnol Marse


Les éditions Christian Bourgois viennent d’annoncer le décès de Juan Marsé, poète, éditeur et avocat né le 8 janvier 1933 à Barcelone. Il avait reçu en 2009 le prix Cervantès, plus haute récompense espagnole. Plusieurs de ses ouvrages ont été portés à l’écran. 

Juan Marse 1991
 

Né en 1933 à Barcelone, Juan Marsé a fait de cette ville, et notamment du quartier d’El Guinardó, le décor de ses romans : Teresa l’après-midi (1966, publié en France en 1993, trad. Jean-Marie Saint-Lu), L’Obscure Histoire de la cousine Montse (1970, publié en France en 1993, trad. Michèle Gazier), Adieu la vie, adieu l’amour (1973, publié en France en 1992, trad. Claude Bleton) ou, plus récemment, Calligraphie des rêves (2012, trad. Jean-Marie Saint-Lu), entre de nombreux autres. 

Comme d’autres écrivains de la Generación del 50 à laquelle on le rattachait, Juan Marsé a fait de l’Espagne de l’immédiat après-guerre et du franquisme la matière de son œuvre profondément ancrée dans les questionnements sociaux : il n’a cessé d’observer les frictions, tensions, et contradictions de la société catalane durant les presque cinquante ans de sa vie d’écrivain en mettant en scène la bourgeoisie comme les prolétaires, et la coexistence difficile des classes sociales dans un même espace. 



 
L’œuvre de Juan Marsé est également profondément marquée par la mémoire difficile de la guerre civile de 1936-1939, dont les traces et les spectres hantent ses romans. Auteur de quinze romans et de nombreuses autres œuvres (nouvelles, essais, souvenirs sur le cinéma…), Juan Marsé était un géant des lettres espagnoles. 
 

Une enfance de mensonge


« Je me déclare militant anticlérical. Comme mon père l’état. L’église a fait tant de dégâts — et continue d’en faire — à ce pays… Pourquoi dois-je payer de ma poche à ce gang de scélérats, les évêques de l’église ? Et je suis aussi anti-nationaliste. » Fameux, pour un catalan.

L’histoire de sa naissance est intrinsèquement liée à l’Espagne franquiste : il fallait cacher la relation que son père biologique, Domingo Faneca, membre du parti indépendantiste avec le futur père adoptif de Juan Marse. Le décès de sa mère biologique, survenu moins d’un mois après la naissance, entraînera son adoption par Pep Marsé et Alberta Carbó. L’histoire, longtemps racontée, fut celle d’une rencontre en taxi, où le chauffeur — Domingo — avait pris en course un couple regrettant de ne pas pouvoir avoir d’enfants… Juan leur aurait été ainsi confié.


photo : Juan Marsé - Elisa Cabot, CC BY SA 2.0


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