Le compte à rebours a commencé pour chacun. Le ministre de la Culture a réitéré sa volonté de permettre la réouverture des librairies. Et l’industrie chausse progressivement ses bottes de sept lieues pour rattraper le temps perdu. Pourtant, personne n’a vraiment chômé, une fois le confinement annoncé.

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Lire, faire lire, donner à lire, et plus encore, faire écouter des lectures. Si dans les premiers temps, les lecteurs ont comblé le manque en puisant dans leurs propres bibliothèques, le besoin de nouveauté s’est fait sentir. Impossible, ou quasi, d’acheter des livres, alors les librairies ont fait ce qui était le plus sensé : donner à entendre. Et partager des textes, sous la forme de séquences filmées.
Bien entendu, les éditeurs ont mis en place des offres d’écoute gracieuses, avec plusieurs audiolivres à découvrir. Cependant, les librairies d’ici et là fournissent des extraits, des chapitres entiers, lus avec passion — et avant tout, l’envie de prendre de son temps pour les autres.
Offrir du temps de lecture
Voilà un mois, sous le pseudo Marine Truite, Marine Labouré, directrice et formatrice à la Web association Bergerac, initie Les lectures de confinement. Ce groupe ouvert sur Facebook compte près de 1900 membres, et fournit deux lectures quotidiennes : 11 h pour les enfants, 18 h pour les adultes.
« Vous avez besoin d’une pause avec vos joyeux drôles ? Vous aimeriez échanger sur des articles, des essais, des nouvelles que vous n’avez pas dans votre bibliothèque ? En cette période de confinement, nous lisons pour vous et vous laissons le choix de profiter de la vidéo ou de ne conserver que le son », explique le groupe.
Et les internautes ne s’y sont pas trompés : l’activité est suivie, les membres interviennent, on partage, on plaisante. Un moment de convivialité comme seule la Toile pouvait en proposer.
C’est en découvrant d’ailleurs l’action de Caroline Dieny et Baptiste Gros, de la librairie de Bergerac La Colline aux livres, que l’idée est venue. Un succès au point que des auteurs eux-mêmes jouent le jeu — depuis les débuts du confinement, ces opérations avaient fleuri.
Maintenir le lien avec les clients
Ailleurs, on se prête aussi au jeu : La chouette librairie de Lille s’est lancée dans des vidéos, diffusées sur YouTube, mais également des lectures par téléphone. Entre 5 et 7 minutes de texte, directement dans son combiné, avec une prise de rendez-vous par mail, assure Hélène Woodhouse. Un moyen de garder le lien avec les lecteurs, explique-t-elle.
« Alors la seule hypothèse que je puisse formuler quand je vois mes choix de lecture de la semaine, c’est que je suis en manque de TRAVAAAIIILL !!! Eh oui, les libraires font partie de ces fous et folles qui aiment leur métier, et pour qui cet arrêt brutal laisse un vide sidéral », assure la libraire.
N’hésitez pas à laisser en commentaire les initiatives que vous auriez repérées !
Commentaires
rb, le 18/04/2020 à 12:10:54
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