Le piratage des ebooks, une source inattendue de bénéfices pour les éditeurs

Clément Solym - 30.04.2011

Edition - Economie - ebook - piratage - livres


Selon un rapport de l'association américaine des éditeurs (American Association of Publishers), la vente de livres numériques a dépassé, au mois de février aux Etats-Unis, la vente des livres de poches et beaux livres physiques.

Une information qui intervient seulement quelques mois après qu'Amazon ait annoncé  vendre désormais davantage de livres pour Kindle que de livres papier.
Mais l'augmentation des chiffres ne vaut pas seulement pour les livres numériques vendus. Elle vaut aussi pour les livres numériques piratés.

On recense aujourd'hui deux principales stratégies de piratage. La première est la numérisation d'ouvrages physiques, ensuite mis en ligne sur des sites de partage ou distribués par peer to peer. La seconde est le téléchargement légal d'oeuvres, dont le pirate va ensuite supprimer les verrous numériques.
Une opération aisée pour un pirate un tantinet expert, à tel point que cette diffusion d'ouvrages légalement téléchargés mais ensuite dépouillés de DRM est la principale source de téléchargements ensuite illégaux.


Selon un consultant pour diverses maisons d'édition américaines, Brian O'Leary, il est impossible de tracer l'ensemble des ouvrages disponibles sur le marché. S'il est certain que le nombre de lecteurs d'ouvrages numériques s'accroit de jour en jour, sa proportion n'est pas nécessairement reflétée sur le marché de l'édition.

O'Leary estime cependant qu'il est possible de faire un lien entre le nombre de fichiers disponibles au téléchargement pour un ouvrage et l'impact de la piraterie sur le marché.  Pour ce faire, il suffit de choisir un titre, attendre qu'il soit piraté, et comparer ses chiffres de vente avant et après.

Et le résultat de la comparaison est, contre toute attente, favorable à l'éditeur.
Car le comportement d'un individu qui va télécharger illégalement un livre, va être de l'utiliser comme un "échantillon" avant d'ouvrir son portefeuille et d'acheter l'ouvrage sous sa forme physique.

Un ouvrage historique diffère d'un ouvrage romantique ou d'un essai. Mais l'idée est là : alors que le piratage de livres numériques est en augmentation, cela ne signifie pas qu'il se fasse aux dépends de la vente de ces mêmes livres.

Il importe donc pour les éditeurs de faire davantage d'études, et plus nuancées, sur l'impact du piratage d'ouvrages pour prendre du recul et adopter une nouvelle approche.

Pourquoi un consommateur va-t-il verser dans le piratage ? Certains par amour de la manoeuvre, d'autres pour amasser des fichiers qu'ils ne consulteront jamais, certains encore tout simplement parce qu'ils ne peuvent se permettre de payer. Ces derniers seront sans doute les plus durs à convaincre.

Mais il faut aussi compter sur les gens qui téléchargent parce qu'ils ne trouvent pas de légitimité ou de satisfaction aux actuels formats payants. Alors que les industries de la musique et du cinéma ont déjà fait évoluer leurs offres et leurs formats numériques, celle du livre demeure encore figée.

Les défis que représentent la piraterie sont tout immenses qu'ils sont riches en opportunités pour le marché. Il suffirait seulement de les saisir.

(Via CBCNews)



Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.