La British Library commet un fameux impair littéraire

Gariépy Raphaël - 25.11.2020

Edition - Société - British Library société - antiracisme politique Edition - Auteur Ted Hughes


Dans un dossier publié plus tôt dans la semaine, la bibliothèque nationale du Royaume-Uni s’efforçait d’identifier les figures littéraires britanniques ayant profité de l’esclavage et de la colonisation. Parmi les 300 noms inscrits figurait le poète Ted Hughes. Une erreur que reconnait l’établissement, après avoir présenté aujourd’hui des excuses à la veuve de l’auteur. 

 

En août dernier, à la suite du meurtre de George Floyd, la British Library s’engageait envers son personnel et ses usagers à devenir une organisation activement antiraciste. Elle annonçait « prendre toutes les mesures nécessaires pour concrétiser cette promesse ». Un groupe de travail sur la décolonisation était ainsi créé avec l’aval du directeur général de l’établissement, Roly Keating. 

C’est dans cette perspective que la bibliothèque s’est mise à constituer un dossier regroupant des auteurs ayant, plus ou moins directement, tiré profit de la colonisation ou de l’esclavage au cours de l’histoire. Comme l’explique la British Library, l’objectif n’était pas de bannir des écrivains, mais de « partager ces connaissances avec les chercheurs, afin qu’ils puissent juger si ces aspects sont importants pour leur compréhension des circonstances derrière la création des œuvres ».
 

Des racines en débat 


Parmi les inscrits figurait le nom de Ted Hughes. Le poète serait un descendant de Nicholas Ferrar, né en 1592 et dont la famille était, selon la bibliothèque, impliquée avec la London Virginia Company, dans la colonisation de l’Amérique du Nord. Une affirmation qui n’a pas laissé indifférent. 

Jonathan Bate, un biographe du poète, s’est presque immédiatement insurgé : « Nicholas Ferrar n’a pas eu d’enfants : sommes-nous sûrs que ce lien n’était pas un mythe ? Quelqu’un a-t-il réellement fait un arbre généalogique ? », a-t-il protesté sur Twitter. 
 


Après vérification, la bibliothèque a admis que le lien entre les deux hommes ne reposait sur rien de concluant et s'est retrouvée toute penaude. Un communiqué de l’établissement s’adressait notamment directement à la veuve de l’écrivain : « Nous tenons à présenter nos excuses à Mme Carol Hughes et aux autres membres de la famille et amis, en raison d’une référence incluse dans le dossier à un ancêtre éloigné… que nous retirons sans réserve. »
Si la British Library ne compte pas arrêter son travail de recherche sur les liens entre certaines figures littéraires et les heures sombres de l’histoire du Royaume-Uni, elle reconnaît que la publication des noms était prématurée. Le dossier a ainsi été temporairement supprimé et sera republié à cette adresse une fois la révision terminée.

Ce n’est pas la première fois que Hughes, qui fut le poète officiel de la reine, fait face à des accusations. De son vivant, il a notamment dû subir des critiques affirmant qu’il n’était pas étranger au suicide de son ex-épouse, l’écrivaine américaine Sylvia Plath, avec qui il fut marié de 1956 à 1963.

Via The Guardian

Crédit photo : Reginald Gray - Ted Hughes - domaine public 


Commentaires
Et si Ted Hughes était vraiment un descendant de Nicholas Ferrar, en quoi cela justifierait-il la moindre «accusation» (!?) à son encontre ?

C'est cela, être «activement» antiraciste, aller fouiller chez les ancêtres (avérés ou faux comme dans ce cas) pour «accuser» des gens d'aujourd'hui ?

C'est effarant, effrayant...

Au nom de quoi, please ?

L'antiracisme, il le faut impérativement -j'en suis convaincu- mais surtout pas comme ça !

Et si on devait remonter l'arbre généalogique de n'importe qui collaborant à la British Library, y compris à la direction, on pourrait tomber sans doute sur des crimes, forfaitures, viols, maltraitances, ignominies diverses dans le chef de l'un ou l'autre membre de l'ascendance lointaine voire proche, voire plusieurs.

Avec ou sans lien avec l'esclavagisme...

Et alors ?

Quelle conclusion concrète en tirer ?

Dans quel but sérieux et concret ?

Le meurtre abject de George Floyd semble avoir déclenché une prise de conscience -ou une très forte augmentation de celle existante -mais qui s'emballe au point de devenir folle et de courir comme un poulet sans tête.

Ce genre de démarche totalement irrationnelle ne servira en rien à améliorer le sort des victimes d'aujourd'hui du racisme et de l'exploitation économique...comme ces réfugiés divers en Libye réduits en esclavage.

Ou les victimes de persécutions religieuses, de la Chine au Pakistan, en Afghanistan, au Mali et ailleurs (où le racisme est une partie importante mais d'une problématique plus globale certes).

Sans nier un racisme à l'oeuvre dans nos pays.

Ces victimes d'aujourd'hui- non des esclaves d'il y a des siècles dont on se préoccupe tant tout à coup et si peu des damnés d'aujourd'hui (c'est moins confortable)- se foutent pas mal du pedigree «pur» ou «impur» de tel poète anglais.

Si on arrêtait de marcher sur la tête pour vouloir vraiment le bien sans délirer complètement avec une bonne dose de tartufferie de communication ?

Merci à ActuaLitté pour nous dénicher de telles infos vraiment originales, contrairement à tant d'autres supports papier ou écran qui répètent ce qui est sorti ailleurs, dépêches AFP ou autres.

Ici on est dans la rubrique «signe des temps»...

CHRISTIAN NAUWELAERS
Dans le monde d'avant, il suffisait d'être antiraciste (ce qui est déjà une notion mal définie). Dans le monde d'aujourd'hui, il faut l'être « activement ». La notion est beaucoup moins mal définie : il suffit de dénoncer.

La milice a de beaux jours devant elle...
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