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Disparition de Denis Tillinac, écrivain et éditeur, “la France chevillée au corps”

Victor De Sepausy - 26.09.2020

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Denis Tillinac, littéraire et grand fan de rugby, est décédé à l’âge de 73 ans. Passionné par le général de Gaulle, il fut auteur, mais également éditeur au sein du groupe Gallimard. Les éditions Plon, son dernier éditeur, indique qu’il a succombé à une crise cardiaque. « Sois le condottière de tes désirs, pas leur délégué syndical », avait-il coutume de dire.



 
« Un écrivain qui avait la France chevillée au corps nous a quittés », indique Roselyne Bachelot dans un communiqué de presse. « Si triste d’apprendre la mort de Denis Tillinac. Un si bel ami et un auteur si attachant. Le Clos Vougeot l’accueillait ce week-end pour son magnifique Dictionnaire amoureux du Général de Gaulle », relève Sofia Bengana, présidente de Place des éditeurs.

Journaliste dans les années 70, en Corrèze, il aura connu de près Jacques Chirac, nouant avec lui une amitié profonde. « Un an, jour pour jour, après la disparition de Jacques Chirac, j’apprends avec tristesse celle de son grand ami Denis Tillinac. Je veux saluer le gaulliste, l’homme de fidélité et l’écrivain profondément attaché à la terre qui l’avait vu naître et qu’il savait si bien raconter », indique le Premier ministre, Jean Castex, depuis Twitter.

François Hollande, corrézien également, ajoute : « Denis Tillinac aimait la Corrèze, le rugby, la vie d’antan qu’il chantait en spleen dans ses livres. Il aimait Jacques Chirac et Bonaparte. Car il se revendiquait patriote. […] Nous n’avions pas les mêmes idées, mais nous pouvions avoir les mêmes sentiments. »

L’auteur du Dictionnaire amoureux de la France disait ne jamais emprunter le même chemin, de peur de passer à côté d’un clocher, d’un vallon ou d’une petite rue serpentée. Membre émérite de L’École de Brive, aux côtés de Claude Michelet et de Michel Peyramaure, Denis Tillinac écrivait de magnifiques romans de terroir. De Maisons de famille à Rue Corneille, il avait promené sa plume au gré d’histoires fortes et parfois nostalgiques, toujours passionnées et engagées.
 


Un temps à la tête des éditions de La Table Ronde, Denis Tillinac fut également journaliste et membre de l’Institut Thomas-More, un centre de réflexion et d’influence européen.


crédit photo : Ji-Elle, CC BY SA 4.0


Commentaires
Attention chute de clichés !

Tillinac, n'en déplaise à Jean Castex, est bien né à Paris (non en Corrèze) en 1947, a vécu sa jeunesse dans le quartier Daumesnil et attendait avec impatience de retourner en Corrèze chaque année pour ses vacances, quand il était le cancre irrécupérable qu'il décrivit dans son livre «Caractériel» (Albin Michel,2018).

Et il a certes contribué à lancer le grand festival littéraire de Brive-la-Gaillarde, la ville corrézienne immortalisée par un jeune et explosif Brassens dès 1952 dans son incroyable «Hécatombe» !

Mais Tillinac, de son propre aveu, s'il avait un goût profond et ancré en lui d'une certaine France rurale qui déjà s'effaçait dans sa jeunesse, n'était pas et n'aimait même pas les écrivains «régionaux», trop limités selon lui.

La sensibilité de Tillinac, gaulliste puis chiraquien puis sarkozyste, était axée sur le génie français (au sens de l'âme, de l'esprit d'un peuple) mais pas vraiment sur le folklore, sur le pittoresque.

Et il laisse une oeuvre pléthorique et pas assez connue, peu sujette aux exégèses.

Il ne fut pas évident pour lui de diriger les éditions de la Table ronde durant plus de quinze ans tout en continuant bon an, mal an à exercer son activité d'écrivain, ex-journaliste.

Ce contributeur se souvient d'avoir entendu, le 16 mai 2016 dans l'émission «Le Grand Rendez-Vous» sur France Inter, un débat que j'imaginais enflammé mais qui se déroula plutôt à fleurets mouchetés, avec un certain respect mutuel étonnant et plaisant, entre cet homme de lettres disparu, écrivain de droite mais pas du tout extrémiste ni obsédé par ses idées politiques, et son opposant politique...Laurent Joffrin.

Bien loin de l'hystérie si souvent binaire, hostile voire caricaturale d'aujourd'hui.

Ce débat fut diffusé alors que Tillinac publiait son essai «L'Âme française» (Albin Michel).

Requiescat in pace, pour utiliser une expression latine dont j'ignore si elle aurait plu à Tillinac, certes nostalgique revendiqué mais également garnement plus que turbulent qui en mai 68, a parcouru la France sur une autoroute déserte, sur sa Solex que des flics compatissants alimentaient en carburant !

Tillinac a raconté cela à l'excellentissime Isabelle Morizet dans un entretien rediffusé le 26 septembre sur Europe 1.

En mai 68, Tillinac avait gardé des cheveux courts (d'où la sympathie des policiers en principe à cran !), restait un fan de rock and roll, Elvis en tête (au sujet duquel il publia un livre) et même le Johnny des débuts,et il fonçait à Toulon à 30km/heure sur une autoroute complice pour rejoindre une amoureuse.

Et il en avait gardé un souvenir flamboyant, surtout pas de droite, ni de gauche d'ailleurs...

Comment ne pas adhérer à cela ?

Un peu de France qui s'en va, deux jours après l'immense Jujube, Juliette Gréco, d'un autre bord et d'un tout autre talent très différent de celui de Tillinac, certes.

Deux immenses personnalités -Gréco certes nettement plus prestigieuse que Denis Tillinac, notamment sur le plan international - qui nous quittent à la fin d'un été très morne et peu propice aux rêves...

Mais que ceux-ci ne soient qu'en congé très provisoire !

CHRISTIAN NAUWELAERS
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