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Contre l'impunité du dictateur Jean-Claude Duvalier en Haïti

Clément Solym - 25.06.2012

Edition - Société - Jean-Claude Duvalier - Anthony Phelps - dictature


Il fut le calvaire d'Haïti durant quinze ans : Jean-Claude Duvalier prit le pouvoir à l'âge de 19 ans, en succédant à son père, mais dès les premiers temps, le chef d'État se montra particulièrement violent. Multipliant les répressions et les attaques contre la liberté de la presse, il revint le 16 janvier 2011 dans le pays, après 25 années d'exil. Cependant, il ne sera inquiété par aucune poursuite judiciaire. Une impunité qui exaspère le poète Anthony Phelps.

 

Ainsi, en guise de protestation, le poète haïtien vient de refuser l'hommage que souhaitait lui rendre le président d'Haïti, Michel Martelly. « En tant qu'éditeur de son oeuvre poétique en France, nous soutenons cette prise de position courageuse », souligne Bruno Doucey. 

 

Pour exprimer son indignation devant l'impunité dont continue de jouir l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, le grand écrivain haïtien Anthony Phelps vient de refuser d'être honoré par le président d'Haïti Michel Martelly. « Je ne saurais accepter un hommage en temps qu'auteur de Mon pays que voici, tant et aussi longtemps que Jean-Claude Duvalier ne sera pas traduit en justice » écrivit Anthony Phelps au président Martelly le 15 juin dernier.

 

 

« Nous qui venons de publier son anthologie personnelle, invitation à découvrir 50 ans d'une œuvre poétique colossale, sommes solidaires de cette courageuse démarche. Tous les Haïtiens connaissent son livre culte Mon pays que voici, hymne à son île natale, publié en pleine dictature, et son refus de cette décoration est une véritable onde de choc. Son geste est l'honneur de la littérature haïtienne », poursuit son éditeur français

 

Âgé de 83 ans, et vivant en exil au Québec depuis plus de 45 ans, après avoir connu les geôles du dictateur, Anthony Phelps associe une œuvre magistrale à une droiture d'esprit qui fuit résolument toutes les compromissions. 

 

Dans un courrier adressé à Radiokiskeia, le poète avait affirmé ce refus de tout hommage :

J'ai lu, avec étonnement, dans Le Nouvelliste, que j'ai reçu un hommage in abstentia, du président Martelly. Le 4 juin dernier j'ai reçu un courriel, m'annonçant que je serais honoré, en compagnie d'un groupe d'écrivains, par le président Martelly, et que je devrais prévoir quelqu'un pour me représenter. Ce courriel qui n'était pas envoyé par le bureau de la présidence, ne disait pas à quelle occasion devait avoir lieu cette cérémonie. Sans plus de précision, j'ai décliné l'invitation par courriel. De toute façon je ne saurais accepter un hommage en temps qu'auteur de ‘'MON PAYS QUE VOICI'', tant et aussi longtemps que Jean Claude Duvalier ne sera pas traduit en justice.

 

Anthony Phelps compte parmi les victimes de la dictature de François Duvalier, le père du dictateur en goguette. Anthony Phelps sera présent au festival Voix Vives de Méditerranée en Méditerranée à Sète (Hérault) du 20 au 28 juillet.


« Je continue ô mon Pays ma lente marche de poète un bruit de chaîne dans l'oreille un bruit de houle et de ressac et sur les lèvres un goût de sel et de soleil »




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