Cinéma : Greg Shapiro produira SAS, d'après les romans de Gérard de Villiers

Nicolas Gary - 27.11.2020

Edition - Justice - Greg Shapiro SAS - Gérard Villiers SAS - Prince Malko SAS


La justice a mis fin à un bras de fer qui opposait la veuve du romancier, Christine de Villiers, au producteur Lars Sylvest – lequel ne portera pas SAS à l’écran. En appel, ses demandes ont été considérées comme « sans objet », selon le TGI de Paris. Une décision confirmant celle déjà obtenue par la gérante de la maison, en première instance.


 

Une très bonne nouvelle pour la veuve de l’auteur à succès, Christine de Villiers, dont la réputation est celle d’être une femme très difficile à déstabiliser. En 2015, cette dernière avait reçu de la part de son agent américain de New York la proposition de réalisation du producteur Greg Shapiro.
 

Des années de complications


Mais fin 2018, alors que Christine de Villiers savait que les droits de la série étaient disponibles, et que, de plus, les droits audiovisuels appartenaient à la société, Lars Sylvest, producteur anglo-danois, a prétendu détenir un contrat daté de 2008. Un document qui lui aurait accordé tous les droits audiovisuels sur les 200 SAS de la série du roi du roman d’espionnage.

Christine de Villiers crut d’abord à un canular, puis à un « faux producteur  avec usurpation d'identité ». Elle avait à ce titre été contactée « par un mail douteux de la part de Lars Sylvest », indique-t-elle à ActuaLitté. Par la suite, l’intéressé avait disparu des rétroviseurs de Christine de Villiers. « J’avais exigé de Lars Sylvest qu’il me joigne par téléphone », précise-t-elle.

La veuve de l’auteur à succès reçut un jour un appel provenant de l’étranger, mais la voix au bout du fil était inaudible, atteste-t-elle. Le numéro de téléphone qui lui fut communiqué n’existait plus peu de temps après ce mystérieux appel. « Sans doute un appel provenant d’une ligne de téléphone prépayée. »

Quant au contrat « sans objet », il reprenait mot pour mot les termes d’un ancien contrat, rendu caduc en 1999, et provenant selon toute vraisemblance des archives et documents personnels volés au domicile du roi de l’espionnage. Grossièrement fabriqué, non paraphé, le “contrat” avait tout d’un faux.

Lars Sylvest a tout de même cru bon de saisir la justice française, sommant Christine de Villiers de communiquer tout document lui permettant de valider ledit contrat. « Ce qui est tout de même un comble ! » précise la veuve. Ryan Fischer Harbage, de la The Fischer-Harbage Agency, Inc., qui a en charge les ouvrages SAS outre-Atlantique se félicite également de cette nouvelle. « Greg est toujours intéressé à faire le film. Il est heureux que Lars ait perdu son appel », précise l’agent. Les ouvrages, aux États-Unis, sont publiés par  Vintage Crime/Black Lizard, filiale de Penguin Random House.

Échec et mat : le Tribunal n’a pas été dupe, et aujourd’hui Christine de Villiers se dit soulagée et très sereine devant cette décision. « J’imaginais mal comment un Tribunal aurait validé ledit contrat. » Elle ajoute : « Alors que Gérard n’a cessé d’être critiqué durant toute sa vie, nombreux sont ceux qui prétendent aujourd’hui détenir des droits sur la série écrite par mon mari. C’est incroyable ! »
 

Terrorisme et République


Il faut dire que, alors que le monde occidental vit sous la menace permanente d’attentats terroristes, la série SAS est une mine d’or sur le sujet. « Le terrorisme était un sujet fétiche de Gérard ».
 
« Terroriser les populations civiles est un jeu d’enfant. Fabriquer une bombe humaine destinée à un attentat est un peu plus compliqué. En revanche, débusquer ceux qui sont derrière ces attentats, beaucoup trop relayés par les médias (ce qui est précisément l’objectif et le principe de base d’un acte terroriste) est une autre affaire », insiste l’éditrice.

Les SAS font déjà partie des ouvrages à lire dans de nombreux établissements scolaires belges. Ils pourraient bientôt figurer parmi les ouvrages recommandés dans certains établissements français.

Malgré le refus d’un quelconque hommage à Gérard de Villiers de la part de l’ex-ministre de la Culture Aurélie Filipetti, les lecteurs restent nombreux à être au rendez-vous des réimpressions. « Gérard et moi nous moquions des “hochets de la République”. Je n’ai jamais compris pourquoi certains en avaient tant besoin pour exister. Mon père lui-même ne portait jamais sa rosette rouge sur canapé. Il y a être, et paraître. »

Et de conclure : « Gérard était, et ne donnait d’importance qu’à ses lecteurs, à qui il répondait toujours personnellement. »
 

crédit photo : Gérard de Villiers, photo d'Olivier Dassault


Commentaires
Le monde de l'édition et de l'audiovisuel comporteraient des escrocs ? On s'étonne quand même... Ce n'est quand même pas un monde où l'on a l'habitude d'exploiter les gens.
Les escrocs sont partout...Mais pour jouer si bien Candide, seriez-vous l'un d'entre eu x ???
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.