medias

Affaire Matzneff : un éditeur de Gallimard inquiété alors qu'un procès s'ouvre

Antoine Oury - 12.02.2020

Edition - Justice - Affaire Matzneff - Christian Giudicelli - proces Matzneff


Après le récit d'une des victimes, Vanessa Springora, dans le livre Le Consentement, ce que l'on désigne désormais comme l'affaire Matzneff prend une autre tournure avec des suites judiciaires. L'enquête menée par l’Office central pour la répression des violences aux personnes s'est intéressée à la place de l'éditeur de Matzneff chez Gallimard, Christian Giudicelli, tandis qu'un procès s'ouvre contre l'écrivain à Paris.
 
Gabriel Matzneff


Cité à comparaître à la chambre correctionnelle du tribunal de Paris par l'association L'Ange Bleu en janvier dernier pour « provocation à commettre des atteintes sexuelles et des viols sur mineurs » ainsi que pour « apologie de crime », l'écrivain Gabriel Matzneff a fait l'objet d'une première audience ce mercredi matin.

L'association a évoqué plusieurs articles, parus dans l'Obs, le Parisien et l'Express, ainsi que le récit fait par la principale intéressée de sa relation avec Vanessa Springora dans le livre Le Consentement, publié par les éditions Grasset, rapporte l'AFP. L'association maintient ses accusations, estimant que Matzneff est coupable d'apologie « de crime de viol aggravé ».

Ce sont donc les écrits de Matzneff qui sont visés, raison pour laquelle l'audience s'est tenue devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, spécialisée dans les affaires touchant à la liberté d'expression et à la presse. L'écrivain sera jugé le 28 septembre 2021.

L'association L'Ange bleu, qui lutte contre les actes pédophiles et accompagne les victimes, estime que « Gabriel Matzneff a toujours cherché à normaliser la pédophilie, racontant ses aventures avec des mineurs dans ses ouvrages et autres publications ».
 

Un exil et des soutiens disparus


Exilé en Italie depuis la parution du livre Vanessa Springora, l'écrivain français a accepté de se confier au New York Times, qui a diffusé l'article en français. Comme il l'a déjà fait depuis le début de l'affaire qui porte son nom, Matzneff affirme ne ressentir aucun regret vis-à-vis de ses actes ou de ses écrits, affirme l'auteur de l'article, qui a rencontré l'écrivain en Italie.

Sur BFMTV, fin janvier, ce dernier avait toutefois tenu d'autres propos, expliquant : « On faisait des choses interdites. C’était tout à fait regrettable. Un touriste, un étranger, ne doit pas se comporter comme ça. »

« Qui sont-ils pour juger leurs semblables ? », s'interroge Gabriel Matzneff auprès du journal américain. « Des associations pour la vertu, et eux comment ils couchent, qu’est-ce qu’ils font au lit et avec qui ils couchent, et leurs désirs secrets et refoulés ? »

Au cours de la conversation, l'écrivain évoque ceux qui l'ont soutenu, accueilli, et déplore « leur lâcheté », assurant qu'il est désormais « très, très seul ». Le journal américain évoque par exemple les rôles joués par Christophe Girard, adjoint à la mairie de Paris chargé de la culture, ou Emmanuel Pierrat, avocat très en vue dans le monde littéraire et président du PEN Club français, dans le devenir de Matzneff ou de son oeuvre. Autant de soutiens qui, depuis l'affaire, se font plus discrets.
 

Perquisition chez Gallimard


Un des soutiens de Gabriel Matzneff, Christian Giudicelli, son éditeur et « compagnon de voyage aux Philippines », romancier et membre du comité de lecture des éditions Gallimard, fait l'objet d'une enquête de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP).

Participant aux voyages de Matzneff à l'étranger, Giudicelli évoque dans ses propres textes des expériences partagées avec l'écrivain dénoncé par Vanessa Springora, dans des oeuvres explorées dans un article de Mediapart.
 
Giudicelli évoque même, dès son premier roman Une leçon particulière (1968), des relations sexuelles avec des mineures : « À moi les filles. Dès quatorze ans elles m’intéressent et jusqu’à vingt-trois. Déflorer les vierges, j’adorerai ça. [...] Déchirer la jupe courte, ouvrir les cuisses. Mordre. Les yeux révulsés. Le cri. Satisfaire mon goût du saccage. Plus je détruirai, plus je serai fort. » La justice déterminera si ces phrases relèvent de la fiction ou si elles trahissent, comme chez Matzneff, une expérience vécue.

Dans l'article du New York Times, Christian Giudicelli est également cité par Matzneff, qui assure que ce dernier a dissimulé des lettres et des photographies de Vanessa Springora qui auraient pu mettre en difficulté son compagnon de voyage.


Commentaires
« Exilé en Italie depuis la parution du livre...»

Il serait honnête d'ajouter : dans un hôtel de luxe... Qui paye puisqu'il n'a soi-disant plus de soutien ? On rappelle qu'il était dans le besoin et qu'il avait une bourse chaque année...

Le titre de l'article est tendancieux : si on lit bien l'article, ce n'est pas parce que le copain de Matzneff est éditeur qu'il est « inquiété » par la police, mais parce que c'est un compagnon d'orgies sexuelles sur mineurs...
Il faudrait que les autorités de tous les pays organisent une saisie de tous les "pax manifests" (listes de passagers) de tous les vols à destination de Bangkok depuis le début de la ligne et qu'une investigation sérieuse débouche sur la mise en cause de tous les "pax" (passagers) friands de tourisme sexuel. Pourquoi n'accuser que l'écrivain Matzneff ? Investiguer aussi chez les "T.O." (Tour Operators) qui affrétaient.
Grande ouverte, la boîte de Pandore avec tous ses diables pédocriminels sortis de leur déni au forceps : l'église, le cinéma, l'édition, le sport... bientôt la politique, les réseaux (Francmac, Opusdei, ...), la fonction publique, les ONG, les expats, l'entreprise, l'école, l'hôpital... la famille, bref tous les pouvoirs patriarcaux, toute la société, sous toutes ses coutures. Après la patrie des droits de l'Homme, la patrie des droits de l'Enfant et des devoirs de l'homme.
Très belle citation de Giudicelli, mais elle date d'un demi-siècle. Si elle fait encore phantasmer "la justice"... et les journalistes d'Actualitté, c'est tant mieux. Allez donc faire un tour sur Histoires Taboues, c'est tout chaud, même si c'est à peine de la littérature, et légal en plus.
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.