Le doigt coupé de la rue du bison, François Caradec

Clément Solym - 30.12.2008

Livre - doigt - coupe - bison


À l’angle de la Rue du Bison, il y a un bistrot, comme très souvent à l’angle de deux rues à Paris. Le Boyard, c’est son nom, est surtout un repère d’habitués : le boulanger, le facteur, le bougnat… Chacun avec ses habitudes et ses horaires. Il y a même une petite dame, avec des yeux si bleus, dont le fils est marin au long cours qui, elle, ne vient que pour prendre son p’tit noir avec un p’tit rhum ! Et elle ne parle pas beaucoup, elle !

Le patron du Boyard a un chien qui fait tranquillement son petit tour du quartier dans les rues avant de revenir se planquer sous le zinc en essayant d’éviter les coups de pied au cul que, visiblement, il ne mérite pas souvent. Comme d’habitude, ce jour-là, il est aussitôt allé se planquer sur son tapis, mais son comportement a quand même un peu intrigué le patron du Boyard qui a voulu voir ce qu’il avait encore ramené dans la gueule.

Et quand il a vu, il a un peu pâli et reculé, le bistrotier ! De même qu’ont aussi pâli et reculé tous les clients alors présents auxquels il avait suggéré d’aller voir par eux-mêmes. Ce qui n’a pas plu au berger allemand qui s’est un peu plus tassé dans son coin tout en montrant les dents et en grognant un peu pour qu’on le laisse tranquillement déguster sa trouvaille !

Sa trouvaille ? Un doigt ! Un doigt coupé de femme !

Ce qui est intéressant dans ce bouquin, c’est qu’il commence sur une interrogation devant ce doigt qui manque quand même à une femme laquelle ne l’a pas réclamé ni ne s’est plainte de l’avoir perdu ! Présomption de meurtre ? Ou toute autre piste un peu diabolique ?

Quand François CARADEC lance Pauquet, son fameux commissaire, sur une piste impliquant des groupuscules d’adorateurs sataniques avec des directives émanant du ministre lui-même, qui tient absolument à voir, derrière cette histoire, des agissements sectaires, laisse présager de détours un peu sordides dans des milieux qui vénèreraient Lucifer.

Quand, parallèlement, la petite dame aux yeux bleus a disparu sans explications ni à sa concierge ni à qui que ce soit d’autre, on s’attend bien à ce que Pauquet et son fidèle Maurice, en arrivent à se poser des tas de questions et à réfléchir dans toutes les directions.

C’est après nous avoir traînés au cimetière du Montparnasse, à Montevideo (Uruguay), à Chantilly avec un historien amateur de la dernière guerre, dans les couloirs feutrés du Ministère Rue Beauvau, dans différents cafés des rues de la capitale (promenades parisiennes garanties !) ou encore chez un psy à la mode de la Rue de Lille, que François CARADEC nous amènera à un épilogue étonnant que je ne vous dévoilerai bien évidemment pas afin de vous laisser savourer plus d’une année pendant laquelle Pauquet n’aura pratiquement rien fait d’autre que s’investir sur cette affaire et aboutir enfin à la vérification de la devise du commissaire : « Avec Pauquet, in the pocket ! ».

Le style est agréable et j’ai bien aimé ce chapitre où il nous donne à écouter tout ce qu’à bien pu entendre et comprendre un chien d’aveugle dont le maître a de bien étranges fréquentations ! De même que j’ai bien aimé ce mélange des genres où un chapitre entier est présenté façon texte de pièce de théâtre.

Seule critique que je me permettrai vis-à-vis d’un polar quelque peu inhabituel, c’est le fil qui est parfois un peu délicat à suivre . Que ce soit au travers des personnages qui sont suivis au fil des chapitres et sur lesquels l’auteur s’embarque comme une puce qui changerait régulièrement d’habitat. Ou que ce soit avec le temps qui passe, dans une enquête que Pauquet n’arrive pas à faire avancer et dans laquelle les mois sautent sans prévenir.

Oh, bien sûr, on finit par retrouver ses petits : tous les morceaux du puzzle sont là ! Mais bon, cela peut déranger et je l’ai été un peu. Mais très peu finalement ! Car je vous invite à faire un petit détour sympathique par ce polar étrange qui finit par trouver un cadavre là où on ne l’attendait pas vraiment et dont l’entremêlement des histoires résiste bien jusqu’au bout.


Retrouvez Le doigt coupé de la rue bison, sur Place des libraires



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