Le Dé d'Atanas, Hervé Picart

Clément Solym - 16.01.2009

Livre - De - Atanas - Herve


Frans Bogaert est brocanteur à Bruges. Il tient une petite boutique près du « Spiegelfrei », s’est fait une spécialité des choses un peu atypiques, voire étranges, et a acquis dans ce domaine une certaine réputation dans le cercle de ses confrères. Ainsi, à l’Arcamonde, vous trouverez sans difficulté un jeu de trois dés en os humains ayant appartenu à l’un des disciples de Pizarro, « conquistador » notoire, avec lesquels se jouait le sort des Indiens d’Amérique latine un peu réticents à enfourcher à la foi chrétienne !

Le front collé à la vitre de sa devanture, Frans regarde au dehors la brume qui envahit le « Quai du Miroir » couvert de neige en cette froide journée d’hiver en sirotant à petites lampées gourmandes une grande bolée de lait chaud à l’anis des a composition.

Et c’est dans cette grisaille qu’apparaît la silhouette fantomatique d’une visiteuse à laquelle il s’empresse d’ouvrir la porte de son antre.

Margaret Van Ostade passait dans la rue « par hasard » et souhaite profiter de l’offre d’expertise affichée sur la vitrine qu’elle vient de découvrir pour lui faire examiner un petit objet qu’elle a justement avec elle. « Par hasard » !

L’objet en question est un héritage familial. Un cube, une sorte de dé dont les faces portent des gravures d’objets divers permettant d’identifier les nombres de 1 à 6 comme n’importe quel dé. Cet objet est arrivé en sa possession à la mort récente de son grand père qui l’a élevée depuis le décès lointain de ses parents, lui promettant toujours de lui en raconter l’histoire « plus tard ». Un « plus tard » qui n’aurait maintenant plus jamais l’occasion de survenir. D’où l’expertise !

Après quelques examens préliminaires, mais insuffisants de Frans, Margaret accepte de lui confier le cube, lui laisse pour tout contact une adresse électronique et repart. A Utrecht dont elle prétend venir ?


En tout cas, elle a produit une très forte impression sur Frans qui a pu admirer, à la dérobée, sa beauté slave, mais également sur Lauren, son assistante, restée discrètement derrière les écrans vidéos de surveillance du magasin et qui exprime froidement le verdict de son observation : une femme fascinante, intelligente, mystérieuse, bien moins ignorante sur son fameux dé qu’elle ne l’avoue et certainement dangereuse.

Le décor est planté. Il ne reste plus, à Hervé PICART, qu’à nous emmener dans une enquête menée de main de maître par son fameux antiquaire, dont c’est la première des enquêtes, nous promet-on en couverture du livre ! Si tel est le cas, je vais attendre avec impatience la parution des suivantes ! Mais si vous souhaitez un avant-goût, n'oubliez pas que nous avons publié le premier chapitre de ce livre dans nos colonnes.

D’abord pour le livre en lui-même : sa présentation, sa typographie !

Il renoue avec les livres anciens où les têtes de chapitre étaient mises en exergue grâce à quelques illustrations, quelques enluminures accompagnant une phrase introductive au propos qui suit ! J’aime les motifs ainsi que cette présentation et jusqu’à la police un peu rétro des titres de chapitres ! On y retrouve justement le côté vieillot de l’ambiance immédiatement perceptible en entrant dans le magasin de l’antiquaire.

Ensuite pour la juxtaposition des extrêmes.


Comme l’exprime Lauren au détour d’une conversation, il est étonnant de voir coexister chez cet homme, féru de vieux objets, la fascination pour le passé que représentent toutes ces antiquités entassées dans son repère et la manipulation de toutes les technologies d’analyse de pointe disponibles dans le laboratoire installé discrètement dans l’arrière boutique. La police scientifique doit en pâlir de jalousie. Il y a là quelque chose qui ajoute à l’étrangeté des objets. Un mélange d’érudition ancienne et de science de demain.

Enfin pour le récit lui-même.

Toutes ces références à des civilisations endormies, cachées sous le couvert de la conversion au christianisme, ces adorations de Dieux qu’on croyait oubliés, sont distillées avec maîtrise et précision pour conduire les protagonistes vers leurs destins respectifs : tout ce qui peut être connu des anciennes religions druidiques notamment (et je ne parle pas de Panoramix, je vous rassure) donne largement consistance à celles (dont j’ignore le niveau de réalité historique, mais cela tient bien la route) qui servent en même temps d’écrin et de fil conducteur pour le présent récit.

Cerise sur le gâteau, l’auteur nous propose de prolonger la lecture au-delà du seul livre et de jouer à notre tour les enquêteurs en invitant les plus affûtés, capables d’interpréter les différents indices cachés dans ce premier tome puis dans ceux qui le suivront, à la découverte d’une Arcane Maxime : un secret de Frans Bogaert caché, comme il se doit, au commun des mortels. Une enquête au-delà de l’enquête.

Chemin initiatique ? Symbolisme ? Pour l’instant je dois avouer m’y être cassé les dents dessus, mais rien ne presse ! Un Grand Œuvre ne peut pas être si facilement accessible ! Hervé, elle sort quand la deuxième enquête avec son indice supplémentaire ?


Retrouvez Le Dé d'Atanas, sur Place des libraires



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