La cage d'escalier, Philippe di Maria

Clément Solym - 29.10.2008

Livre - cage - escalier - philippe


Quand on fixe ces interminables marches qui nous mèneront depuis le rez-de-chaussée, jusqu'au sixième sans ascenseur, le premier réflexe est de se décourager. Immédiatement. Mais l'on empoigne avec fermeté la rampe, et l'on part à l'aventure, comptant les pas qui nous séparent du seuil tant attendu. Parfois, on prend le temps de se raconter des histoires, pour « tuer le temps ». Saviez-vous que de telles histoires se nomment chronolectogramme ? Elles durent le temps de la montée, et se calquent sur le temps de l'activité.

Si vous l'ignoriez, alors vous puiserez un humoristique exemple de ce que peut être la chronolecture.

La cage d'escalier, c'est aussi celle depuis laquelle on entend résonner les pas de ses voisins, les cris de la famille qui rentre de l'école, le sac-poubelle que l'on descend de chez soi. Mais surtout le lieu de transhumance par où passera la femme que l'on attend. On lui a donné rendez-vous, et voilà que l'anxiosité nous guette, et qu'au moindre bruit, tous les sens en alerte, on croit l'entendre monter vers soi. Ah, joies et merveilles du désir.

Là encore, c'est avec un sourire intérieur que l'on se plongera dans une délicieuse nouvelle.

C'est toujours en partant à l'ascension de son foyer, marche après marche que l'on tourne et retourne la carte postale envoyée par une collègue de travail. Celle justement que l'on abreuve de poèmes finement ciselés quand on est au boulot, mais qui n'a jamais répondu, pas même par un discret sourire de complicité. Et voilà qu'elle est en vacances au ski avec sa famille et qu'elle prend le temps d'une carte. Il faut immédiatement décrypter le message, comprendre les allusions, le sens caché.

Au secours, Dr Freud, j'ai besoin de vos lumières...

C'est une vingtaine de nouvelles que nous offre Philippe di Maria. Qu'il jette en pâture à notre lecture d'affamé : et l'on en sort repus. Ses récits, souvent tournés à la première personne, mais pas résolument ancrés dans l'autofiction sont de véritables bulles d'oxygène. On en pioche un, parmi d'autres, et quelques pages après, un sourire malicieux vous reste accroché au visage. Oui, Philippe, on t'a compris, on sait quel malin plaisir tu viens de nous donner, et tu sais qu'on y retournera pour y retrouver cette sympathique bonne humeur dont tu as jalonné tes récits.

Des nouvelles d'humour, de tendresse, de mordant et globalement d'intelligence façonnées,et comme chantait Brassens « chacune a quelque chose pour plaire, chacune a son petit mérite, mais mon colon, celle que j'préfère »... c'est définitivement Méricysmes. Cherchez dans le dictionnaire le sens de ce mot, et reparlons-en ensuite.

Non, faites mieux : ouvrez le livre de Philippe di Maria. Ses « badineries pour tuer le temps » devraient vous faire oublier jusqu'au motif de votre plongée dans cette lecture. Quand c'est drôle autant que rafraîchissant ; les raisons de s'en priver n'y résistent pas.


Retrouvez La cage d'escalier, sur Place des libraires



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