Ceux qui n'en mènent pas large, Jean-Pierre Martinet

Clément Solym - 29.12.2008

Livre - ceux - menent - large


Georges Maman n'a plus de l'homme que l'apparence : au plus profond de lui, il est déjà devenu animal. D'ailleurs, il mange comme un chien des boîtes de nourriture canine. Pas vraiment pas choix, ça non, plutôt parce qu'il ne lui reste plus rien.

Maman fut autrement un acteur. À présent, il n'est plus grand-chose, et si vous le croisez dans un bar, il vous inspirera probablement assez de pitié pour que vous lui offriez à boire, et puis un restaurant : voilà tellement longtemps qu'il ne s'est pas offert la totale. Entrée, plat, fromage ET dessert, puis un café et un petit digeo...

Oui, à bien y réfléchir, Georges Maman n'a plus vraiment quoi que ce soit à attendre de la vie. Sauf peut-être s'il arrive à taper 500 francs à Dagonard, le boxer, qui lui est pété d'oseille. C'est certain, 500 balles, ça ne le portera pas bien loin, mais qui sait, l'argent appelle l'argent, et il faut bien commencer quelque part.

Et justement, Dagonard, il a besoin d'amour, tout plein de fric qu'il soit : il a besoin de raconter, ou plutôt de ne rien dire, son cancer imaginaire, contre lequel il se bat avec acharnement. Il a besoin d'étaler ses connaissances de cinéphile un peu borné cela dit. Et puis, comme il a de l'argent, beaucoup ou pas qu'importe, il en a suffisamment pour s'offrir la compagnie de Maman. C'est un rôle, finalement qu'il va jouer et même pas de composition : celui du larbin.

On va arrêter là les frais, pour deux raisons : la première c'est que ce texte, c'est un peu du Beckett, il ne s'y passe pas grand-chose, alors le résumer trop longuement, ce serait arriver à la fin bien vite. Du Beckett, mais sans la profondeur qu'on a pu lui accorder, d'ailleurs. Ni l'humour... Car si, Beckett écrivait des choses très drôles...

Ceux qui n'en mènent pas large... Le seul titre aurait dû me mettre la puce à l'oreille, mais je me suis laissé bluffer par la couverture de Tardi, en me disant que même dans les pires histoires dessinées par Tardi, y'a toujours quelque chose de plaisant, de bien, d'original.

Là, en l'occurrence, c'est niet. C'est la grande dépression, la solitude totale, sans la compassion de l'abbé Pierre, la déprime, et l'on s'attend d'une minute à l'autre à ce que le livre et l'histoire aillent tous deux se jeter sous un train, dans la Seine, ou n'importe où pourvu qu'on en finisse.

Il faut s'attendre à une bonne dose de morosité, pas mal de No future, et un gros volume de fatalité. À découvrir, di vraiment vous y tenez, mais pas un 31 décembre seul devant sa bouteille de mousseux...


Retrouvez Ceux qui n'en mènent pas large, sur Place des libraires




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