Cet enfant qu'elle ne voulait pas, voilà qu'on l'en prive

Mimiche - 11.08.2020

Livre - Víctor Árbol roman - vieille presque tout - enfant avortement famille


ROMAN ETRANGER - A la naissance de sa fille Amanda, Eva Malher s'est aperçue que cette enfant qu'elle n'avait pas désirée, et dont elle était même allée jusqu'à souhaiter avorter, n'était pas la calamité qu’elle imaginait. Pendant dix années, elle a eu le temps de l'apprivoiser et de découvrir en elle mille détails qui la lui ont fait adopter jusqu'à lui laisser prendre, de jour en jour, de plus en plus de place dans sa vie et dans son cœur.
 
 
 
Alors, le jour où ce fou, ce tordu, ce malade la lui a prise et l'en a séparée à jamais, Eva a sombré. Sombré au plus profond d'un univers dont seul Germinal Ibarra (le flic qui avait réussi à retrouver le corps martyrisé de la petite fille ainsi que son bourreau) arrivait à la sortir, à la consoler, à l'empêcher de tomber plus bas qu'il n'était possible.
 
Même si le meurtrier avait échappé à un jugement qui n'aurait pu être qu’accablant, échappant à la vigilance du policier et se jetant du haut d'une falaise.
 
Pourtant, cette proximité n'empêche pas Germinal de ne pas la reconnaître immédiatement à l’hôpital de La Corogne où elle a été admise après qu'un inconnu l'a déposée à l'entrée des urgences et a aussitôt disparu. Aucun papier sur elle, défigurée, méconnaissable, personne dans l'établissement n'a non plus reconnu celle qui a disparu de son domicile depuis plusieurs mois et dont les journaux ont fait les gros titres, compte tenu de la notoriété de son père et de son empire industriel, ainsi que de l'éclairage médiatique dont son malheur avait fait l'objet lors de la disparition d'Amanda. C'est elle qui avait fait appeler Germinal. Et, après s'être fait reconnaître par lui, elle lui a demandé de ne pas dévoiler son identité pour lui laisser le temps d'échapper encore à son père, à son mari, à sa famille.
 
De toutes façons, avant de rendre Eva à la famille, Germinal, inquiet de la retrouver si férocement abîmée, voudrait bien savoir qui l'a si sauvagement blessée, meurtrie.
 
Et sa seule piste, pour l'instant, c'est la suggestion anodine que, du fond de son lit d'hôpital, Eva lui a faite d'aller à la découverte de Punta Caliente, un endroit magnifique au bord de l'Océan.
 
Mais aussi et surtout, les images vidéo de la surveillance de l'entrée de l'hôpital où il a vu l'homme qui l'a déposée : le même que celui dont il vient tout juste d'être informé qu'il est recherché pour un meurtre dans une rue de Barcelone...
 
Amateurs de polars, n'ayez aucune crainte : voilà un livre qui mérite toutes les pages qui le composent. Pas de longueur inutile, pas de remplissage, pas de digressions oiseuses plus ou moins bienvenues ! Non : une histoire ficelée superbement du début à la fin.
 
Et quand je dis « une histoire », je ne suis pas conforme à la réalité. De fait, ce sont plusieurs histoires qui se chevauchent, se superposent, se télescopent et emmêlent les différents personnages dans un bel ensemble restant bien fluide. Pourtant, ils restent largement étrangers les uns aux autres ; certains partagent avec d'autres, par moments, des épisodes souvent tragiques de leurs vies dont d'autres encore restent exclus. Pourtant, rien ni aucun événement ne les rassemble tous, ensemble, au même moment. Et pourtant, Víctor del Árbol a imaginé un solide scénario dont l'inspecteur Ibarra va devoir démêler l'écheveau.
 
Oh, je vous accorde qu'il n'y a pas un suspense monumental car le lecteur (averti quand même) voit bien arriver certaines ficelles. Mais contrairement à ce qui pourrait être redouté, cela ne gêne en rien la tenue du récit qui conserve un intérêt constant jusqu'aux toutes dernières pages.
 
Et il faut reconnaître que la quatrième de couverture, qui prévient que « aucun personnage n'est secondaire », est particulièrement conforme à la réalité. Ibarra, pour ne citer que lui, disparaît du récit pendant de nombreuses pages sans que cela soit préjudiciable à l'intrigue et donc au lecteur. Il en découle une impression fugace d'absence de mouvement, irrémédiablement contredite quelques pages plus loin alors que les événements sont présentés selon un autre éclairage.
 
D'Argentine en Allemagne, en Espagne et au Portugal, de Barcelone à La Corogne, aux Malouines et aux prisons de Buenos Aires, vous allez partir dans un voyage polymorphe que vous ne regretterez pas.
 
Bonne lecture !



Víctor del Árbol, trad. espagnol Claude Bleton – La veille de presque tout – 9782330119997 – Babel noir – 8.90 €


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