Steve Jobs à Rupert Murdoch : Apple peut faire beaucoup pour l'ebook

Nicolas Gary - 15.05.2013

Lecture numérique - Législation - Steve Jobs - conspiration - prix de vente


Impliqué et mis en cause dans une affaire d'entente et de fixation du prix de vente des livres numériques, Apple est désormais le seul acteur toujours en lice. Et ce, alors même que tous les éditeurs impliqués ont finalement accepté un règlement soumis par le Ministère de la Justice américain. Seul pour se défendre de n'avoir rien à se reprocher, voilà qui est douloureux. 

 

 

 “Isn't this awesome?” Jobs says.

Steve Jobs avec l'iPad

SeattleClouds (CC BY 2.0)

 

 

Cette affaire était intimement liée à Amazon, qui était resté d'un silence absolu dans cette affaire. Le cybermarchand avait très mal vécu la mise en place du contrat de mandat, qui imposait à tous les revendeurs un prix de vente unique - et allait donc à l'encontre de la libre concurrence, selon les jugements du DoJ. Or, Apple vient de faire valoir que les éditeurs avaient déjà pris des mesures pour contrer Amazon, bien avant que ne soit lancé ce contrat d'agence, lequel avait eu le malheur d'arriver dans le même temps que le lancement de l'iPad premier du nom. 

 

Dès 2009, affirme Apple, les éditeurs avaient en effet décidé de retarder la diffusion des versions numériques des ouvrages publiés en hardcover. Une solution pour s'épargner les affres amazoniennes, probablement, qui fut ensuite doublée par l'instauration du contrat d'agence - par lequel l'éditeur aurait fixé une fourchette de prix, à destination des revendeurs. Et interdiction d'en sortir, ce qui faisait enrager Amazon, adepte du dumping et des prix bas, voire cassés. 

 

C'est dans ce contexte qu'Apple serait intervenu, selon les motifs de la plainte déposée, auprès des éditeurs, pour favoriser l'introduction du contrat d'agence, tout en ajoutant la commission de 30 % sur la vente, traditionnelle chez Apple. Une idée qui augmentait le prix de vente des ebooks, mais allait finalement dans le sens de la volonté des éditeurs, désireux de ne pas détruire la valeur des ouvrages, au motif qu'ils étaient commercialisés au format numérique. 

 

Je m'email de ce qui me regarde 

 

En outre, à l'occasion d'une récente audition, avant que ne débute le procès, le 3 juin prochain, plusieurs nouvelles preuves ont été portées à la connaissance du juge. Dans une note du 26 avril dernier, rendue publique hier, il est fait état d'un échange d'emails entre Steve Jobs, alors grand patron d'Apple, et Rupert Murdoch, qui dirige le groupe NewsCorp, propriétaire de la maison d'édition HarperCollins, rapporte Reuters.

 

Jobs explique avec politesse à Murdoch que les quelque 120 millions de clients que compte l'App Store et l'iTunes Sotre, tous inventoriés, avec carte de crédit et dossiers d'achats complets pourraient avoir un certain impact sur les ventes numériques des éditeurs. Ce qui pose d'ailleurs un léger problème, puisque NewsCorp au travers de HarperCollins, fut le premier partenaire à signer un accord avec l'iBookstore. Et que l'email de Jobs envoyé à Murdoch est daté du 26 janvier, c'est-à-dire la veille du lancement de l'iPad. À l'époque, soulignait le patron d'Apple, les clients de ses services numériques avaient « téléchargé plus de 12 milliards de produits ». 

 

En outre, il semble qu'Eddy Cue, négociateur entre Apple et les éditeurs aurait conseillé à la direction de Random House de ne plus diffuser leurs ouvrages sur Amazon tant que le marchand n'acceptait pas d'augmenter les tarifs de vente. Et manifestement, les éditions Macmillan auraient également employé cette stratégie par la suite. 

 

Pour Tom Nuemayr, porte-parole d'Apple, cité au travers d'un email, la firme n'a rien à se reprocher, et qu'Apple n'a pas conspiré pour instaurer une fixation du prix de vente des ebooks. Elle revendique d'avoir « aidé le marché du livre numérique avec l'arrivée de l'iBookstore, en 2010, en apportant aux consommateurs un plus grand choix de livres et en offrant des fonctionnalités innovantes. Le marché a été florissant et innovant depuis l'entrée d'Apple, et nous sommes impatients de nous rendre à ce procès pour nous défendre et avancer ».




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