Pour Alexa, Amazon collectera plus de données personnelles que Facebook

Nicolas Gary - 14.11.2019

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Redouter les tentacules toujours plus puissants d’Amazon revient à comprendre la stratégie du groupe. En la matière, on sait que les services internet — Amazon Web Service, ou AWS — cristallisent un certain nombre de perspectives. Dans la série “le cloud est mon ami”, la feuille de route pour Alexa fait véritablement froid dans le dos.


 

The Next Web n’y va pas par quatre chemins qualifiant de « plus effrayant que tout ce que font Facebook ou Twitter » les perspectives pour Alexa. C’est que l’assistant virtuel de l’enceinte Echo n’avait jusqu’à lors que modérément fait peur. Quelques expérimentations bon enfant comme la lecture de livres dont vous êtes le héros ou la présence dans les hôpitaux pour les patients, faisaient encore sourire.
 

Apprendre, toujours et encore plus


Sauf que demain, et demain c’est déjà presque hier, Alexa sera en mesure d’interpréter les données collectées, prendre des décisions à notre place, voire pourra nous interpeller s’il quelque chose ne va pas.

Dans une interview avec le MIT Technology Review, Rohit Prasad, responsable du développement d’Alexa, ne laisse aucune place au doute. Et si l’on sait à quel point il est dangereux de laisser l’intelligence artificielle jouer à l’apprenti sorcier avec nos données, là, on frise le pacte faustien. 

La prochaine direction que va prendre l’assistant vocal, avec qui tant d’opérateurs de l’édition voudraient jouer, est en effet flippant, pas d’autres mots. « L’idée est de faire d’Alexa un compagnon omniprésent qui façonne et orchestre activement votre vie. Ce qui impliquera qu’Alexa vous connaisse mieux que jamais », indique le scientifique.

Du point de vue du consommateur, difficile d’envisager que la machine, aujourd’hui encore soumise à quelques ratages, puisse à ce point diriger notre existence. Sauf qu’Amazon compte, avec des Microsoft et autres, parmi les plus grands collecteurs de données personnelles au monde. 
 

Collecter, analyser et anticiper


Avec dans l’idée que l’intelligence artificielle traite des millions de bases de données, contenant les informations d’invidus propres ou de petits groupes d’utilisateurs. Or, rien de plus aisé pour une machine que de compiler tout cela pour en sortir des modèles. 
 
Autrement dit : combiner différentes sources de données et de méthodes d’apprentissage automatique, pour mener des raisonnements de plus en plus complexes — de plus en plus humains. Les partisans du Jihad Butlérien viendront juste après : cet objectif d’une capacité de raisonnement est bien celui porté par les chercheurs en intelligence artificielle depuis des décennies.

Prasad va d’ailleurs plus loin : selon lui, toute la planète a besoin d’Alexa, même à travers des versions moins chères pour les pays en voie de développement. « Je veux qu’Alexa améliore sa productivité… soit vraiment omniprésente afin qu’elle fonctionne pour tout le monde », précise-t-il. Avec des annonces publicitaires, comme pour le Kindle, qui permettront de diminuer le coût d’achat pour les utilisateurs, bien entendu ?

Quand, après-après-demain, Alexa vous accueillera avec un petit message de bienvenue, une fois rentré(e) du boulot, il ne sera plus permis de s’étonner. « J’ai pris la liberté d'annuler ton verre ce soir, de commander chez le resto japonais et de louer un film en VoD, en voyant que tu n’étais pas rentré à l’heure », lui dit Alexa. Il prit alors l’enceinte et la jeta avec fracas contre le mur… Ou pas ?

Retrouver l’entretien.


Commentaires
Il semblerait que les pires présages de la SF soient bel et bien en train de se réaliser. Le plus accablant n'est pas technologique, mais que quelques personnes, à la tête de monstrueuses multinationales, aient le pouvoir d'organiser cela sans qu'il soit possible de s'y opposer. Comment ça "pas possible" ? Il est temps de réviser la mythologie, la victoire d'Herakles contre l'Hydre de Lerne fut invalidée par le jury car elle ne put advenir que grâce au concours de lolaos, son neveu. A ce stade la question est : Faut-il continuer à respecter les règles ou bien l'issue du combat importe plus que l'abnégation des combattants ?
Je dois avouer que j'ai du mal à saisir le souci, alors que la solution la plus simple et la plus évidente semble de ne pas posséder d'objets connectés chez soi. Sauf erreur, nous avons réussi à vivre sans jusque-là, il devrait être possible de continuer ainsi. Je pense qu'acheter de pareils objets, sans se rendre compte des informations que l'on offre sur un plateau à l'entreprise qui les conçoit, tient aujourd'hui de la bêtise (on ne plus dire qu'on ne savait pas...).
Idem qu'Olivier Junod, (et bien qu’utilisateur d'Amazon) je vois pas du tout l'utilitée de ces objets connectés...
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