Livre numérique : développement ou miroir aux alouettes ?

Xavier S. Thomann - 14.01.2013

Lecture numérique - Usages - eBook - Livre Papier - Nicholas Carr


À force de citer les excellents résultats de ventes de tablettes et de livre numériques, on finirait pas croire tout naturellement que le livre papier va entamer une descente aux enfers inexorable. Pourtant, certains pensent déjà que le livre numérique n'est pas destiné à régner sans partage sur le monde de la lecture. Nicholas Carr, pour ne pas le citer, est l'un de ceux-là. Un récent article dans le Wall Street Journal avance quelques raisons de calmer notre enthousiasme pour le livre numérique.

 

 

 

Avant d'aller plus loin, précisons d'abord qui est Nicholas Carr. Il s'est fait connaître en publiant en 2008 un article pour The Atlantic intitulé « Is Google Making Us Stupid? » (autrement dit, Google nous rend-il bêtes ?). Il avait par la suite écrit un livre sur ce sujet pour montrer du doigt les effets de la culture numérique dans laquelle nous baignons sur nos cerveaux. 

 

Sa thèse : à force de cliquer sur des liens hypertextes toute la journée, on finit par perdre l'habitude de développer sa réflexion. La multiplication de l'information finit par tuer l'information, et notre capacité à aller au-delà du superficiel. 

 

Le même Carr vient de donner son avis sur la question du livre numérique à l'heure où les éditeurs et les distributeurs se félicitent de la percée du livre numérique sous les sapins en cette fin d'année. Il a pris sa plume dans le Wall Street Journal pour expliquer que le livre papier est loin d'être mort et enterré, bien au contraire. 

 

Avec quelques chiffres à l'appui, il cherche à faire valoir son point de vue. La progression des ventes d'ebook connaît une croissance en baisse, et il veut voir dans ce retentissement (+ 34 % tout de même en 2012) un signe prémonitoire. Il avance également une étude de Bowker Market Research qui dit que 59 % des Américains ne s'intéressent pas aux ebooks. 

 

Vers une cohabitation du papier et du numérique

 

Au-delà de ces interprétations de chiffres, il propose une analyse assez intéressante de la place du livre numérique dans l'univers de l'édition et de la lecture. Il fait remarquer que 2 livres numériques sur 3 vendus sont des romans, et en particulier des romans d'amour ou des thrillers, « les livres jetables par excellence selon lui. »

 

L'ebook serait en d'autres termes adapté à ce genre en particulier, ce qui laisserait les autres genres à l'abri. Le livre numérique ne prendre contrôle que d'une branche de l'édition et non pas de l'édition dans son ensemble. L'ebook ne ferait qu'aboutir à la disparition des romans bas de gamme que l'on trouve dans les gares et autres aéroports. « La lecture sur écran est particulièrement bien adaptée à ce type de divertissement plutôt léger, ce que l'on vendait d'habitude dans les supermarchés ou les gares. » 

 

Tout cela pour en venir à la conclusion que le livre papier résiste bien et a de très beaux jours devant lui. Et Carr d'imaginer un monde où les deux formats cohabiteraient en parfaite harmonie, le livre numérique jouant le rôle autrefois occupé par les livres de poche bon marché.  




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