medias

#EpicFail : chez Apple, les meilleures ventes de livres passent par iTunes

Nicolas Gary - 27.06.2020

Lecture numérique - Acteurs numériques - apple meilleures ventes - ventes livres numériques - Apple ebooks ventes


À quoi servent les listes des meilleures ventes ? Pour un professionnel, cette métrique donne une idée du marché — comme un outil de veille concurrentiel. Pour le public, cela conscrit les ouvrages aux best-sellers, occultant une immense partie de la production. Que penser alors d’une liste établie, qu’il ne serait pas possible de simplement consulter ? Il y a une application pour ça : Apple.

iTunes #apple
 

Le sujet nous ferait tordre de rire si cet exemple spectaculaire d’epic fail n’était pas tragique. Faisant suite à un message de la firme à la Pomme, qui annonce une liste des meilleures ventes alléchantes, voici ce que le Digital Reader découvre. En cliquant sur le lien proposé via Twitter, le navigateur propose de se connecter à iTunes Store. 

Calamité…
 


D’ailleurs, il faut espérer que le lien ouvre bel et bien l’iTunes Store outre-Atlantique, parce que depuis l’Europe, on aboutit au lancement de l’application Livres et ce message : « Connexion à la librairie impossible. »

Merdredemerdre… 

Le pathétique de la situation, comme l’indique bien Nate Hoffelder, c’est d’imaginer qu’une société pesant 3000 milliards $ ne soit toujours pas capable de mettre en ligne une bête page web, avec la liste de ses meilleures ventes. Bien entendu, chaque livre numérique serait associé à un lien d'achat dans une logique de librairie. Mais non : en 2020, on pousse, encore et encore, à connecter l’utilisateur à son insupportable outil iTunes, devenu avec le temps une usine à gaz délirante. 



 
Or, que l’on soit sur ordinateur (Mac qui plus est !) ou iOS, rien à faire, le lien ne fonctionne pas — probablement pour l’Europe —, et de toute manière, se raccroche aux applications. 

La stratégie propriétaire est connue chez tous les géants de l’informatique. Cependant, tous ont a peu près enregistré que le web était un dénominateur commun à tous les internautes. Et qu’à ce titre, quel que soit l’outil de lecture, rien ne valait une bonne vieille page web pour garantir une accessibilité la plus efficace qui soit.

Or, comme le remarque le Digital Reader, tant Amazon que Google ont bien compris l’enjeu d’une commercialisation ouverte. Qu’importe que l’on recadre dans un appareil propriétaire par la suite : l’enjeu est, de toute manière, de pouvoir donner la possibilité de l’achat. Le service Google Play le démontre, puisque l’on s’y procure tout article indépendamment de ses appareils. Juste grâce à une page internet… 

Voilà 19 ans, quand iTunes fut lancé, la solution était pratique, commode, efficace. L’inverse absolu de ce que l’outil est devenu aujourd’hui. En l’état, ce poste ne concerne donc que les utilisateurs d’iTunes, sur le territoire américain.

Reconnaissons cependant que, de temps à autre, une page surgit de nulle part, accessible, et permettant de consulter les informations sur un produit. Mais il ne sera toujours pas possible d’effectuer un achat, tant que l’on n’aura pas activé Livres ou iTunes ou tous les autres logiciels d’Apple. 

Pas très judicieux, en effet… ni très commerçant. 


illustration : m.p.3., CC BY NC SA 2.0


Commentaires
« Voilà 19 ans, quand iTunes fut lancé, la solution était pratique, commode, efficace. »

Eh bien non, cher Nicolas : voilà 19 ans, quand iTunes est sorti, la solution était déjà propriétaire, enfermant l'acheteur dans l'univers Mac pour le plus grand bien d'Apple.

Vous faîtes le constat tout simplement que lorsque ces mastodontes acquiert un peu plus de pouvoir, cela devient juste plus lisible.

Mac a réussi le tour de force de se vendre sur une mode genre bobo élitiste qui convient parfaitement au monde moderne d'aujourd'hui. Maintenant que ce que les anciens criaient dans le vent devient patent, tout le monde commence à en prendre conscience.

Sauf qu'on ne se sort pas d'une prison, même dorée, comme cela. Demandez à tous ceux qui ont essayé de fuir le monde Microsoft ce qu'ils en pensent !

Cela demande du temps et beaucoup d'investissements. Ni plus ni moins que le temps et l'investissement que les gens ont mis pour (avoir l'impression de) maîtriser un Mac (dans ce merveilleux monde où c'est Apple le vrai propriétaire de vos données).
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.