Des livres numériques pour répondre au handicap des lecteurs

Clément Solym - 04.12.2020

Lecture numérique - Usages - Handicap livres numériques - livres numériques accessibles - handicap lecture livres


Avec près d’un million de personnes en France touchées par un handicap impliquant des solutions de lectures adaptées, le sujet est d'importance. Le cadre légal permet la création de fichiers accessibles, mais l’offre peut toujours s’améliorer. Une étude de la Hadopi présente un état de lieux, accompagné de recommandations pour en favoriser le développement.

A student reading braille in class


Que ce soit pour des handicaps visuels ou des troubles du langage, l’accès à la lecture numérique pour les publics empêchés nécessite des adaptations. Selon les données de l’étude, seuls 10 % des ouvrages publiés disposeraient d’une version adéquate. La France compte 207.000 personnes aveugles, 932.000 autres malvoyantes moyennes, et 560.000 malvoyants légers. Les deux premières catégories constituent les publics les plus concernés par l’accès au livre. Pour ce qui est des troubles dys —, ils touchent 1 à 10 % de la population, suivant la nature des troubles. 
 

L'offre, toujours en peine


Actuellement, l’offre répond à ces questions par une solution en livres audio, par des livres numériques lisibles à l’écran en caractères ou en police adaptés ou du braille numérique. Mais ces approches impliquent un taux d’équipement, encore en construction.

L’étude conclut assez simplement que l’offre commerciale, en dépit des avancées technologiques, est « encore limitée quantitativement ». Et à ce titre, plaide pour l’adoption du format EPUB3, qui dispose d’une technologie nativement accessible. 

L’autre volet, tout aussi technique, relève des mesures techniques de protection, ou DRM. La MTP Readium LCP se présente comme une méthode idéale, puisque globalement plus simple et reposant sur un logiciel open source.

Si au cours des vingt dernières années, de réels efforts sont constatés, « la faiblesse de l’offre encore constatée génère chez eux un sentiment de frustration, dès lors qu’ils ne parviennent pas à trouver en format accessible une référence, comme cela peut être le cas pour des livres récents ou des essais, par exemple », relève l’étude. 

Évidemment, certaines associations agréées ou inscrites profitent de l’exception au droit d’auteur pour enrichir l’offre globale. Ils sont 140 organismes en France à y prendre part suivant les impératifs de l’exception. 
 

Un avenir plus radieux ?


Avec l’adoption de la direction 2019/882, de nouvelles perspectives s’ouvrent pour favoriser « un accroissement significatif de l’offre de livres accessibles pour les personnes handicapées et cela dès leur parution, sans délai d’adaptation ». Cependant, il faudra attendre le 28 juin 2025 pour que son application, après transposition, la rende pleinement effective en France. 

Parmi les recommandations que présente l’Hadopi, on retrouvera l’éternel combat pour la constitution d’une offre accessible d’ebooks et audiobooks légale — et prévenir donc de l’utilisation illicite. D’autre part, il importerait de préciser les obligations des éditeurs — tout en considérant l’horizon 2025 pour y parvenir.

Enfin, on suggère d’améliorer l’organisation de l’ensemble du secteur de l’édition dans le cadre de l’exception Handicap. D’abord, parce que certains organismes dépendent de financeurs privés quand d’autres bénéficient de subsides publics. « La dispersion des financements, émanant de plusieurs acteurs, n’est pas propice à des actions et une stratégie claire. »

De même, la multiplication des acteurs rend difficiles la mutualisation des expériences et une plus étroite collaboration. 

« Une mise à plat de cet écosystème, incluant une analyse des sources de financement multiples dont ces membres peuvent bénéficier, et une évaluation des besoins sont des préalables à la formalisation d’un réseau ayant vocation à regrouper les différents acteurs de l’ensemble de la chaîne, à savoir les organismes agréés, les éditeurs, la BnF, les bibliothèques et les services publics », conclut l’étude. 

On peut également télécharger l’étude qualitative Perceptions des limitations d’usages dans le secteur du livre numérique chez les déficients visuels et les publics DYS. Le rapport global est disponible ci-dessous.
 


crédit photo GPForeducation CC BY NC 2.0


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