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Bookstagram : organiser sa publication, pour plus de likes et de commentaires

Antoine Oury - 17.06.2020

Lecture numérique - Usages - Bookstagram etude - hashtags instagram - likes instagram


Depuis quelques années, une véritable communauté littéraire s'est installée sur Instagram, désignée sous le terme « Bookstagramers ». Cette utilisation n'avait rien d'une évidence, pour un réseau social basé sur l'image. Une étude scientifique s'intéresse à cette communauté, et révèle la manière dont les hashtags et légendes doivent être composés, pour une efficacité optimale des publications.

Thought Catalog Books


La communauté littéraire d'Instagram n'a rien d'anecdotique, aussi bien pour les lecteurs que pour les éditeurs : au Royaume-Uni, il semblerait même que les « influenceurs », critiques littéraires particulièrement actifs sur les réseaux sociaux, aient guidé les choix d'une majorité d'enfants de 7 à 11 ans, qui se sont tournés vers YouTube et les plateformes sociales.

Une étude portant sur la manière dont les messages sont conçus, postés et reçus sur Instagram, lorsqu'il s'agit de livres, sera donc riche d'enseignements quant à la promotion et à la mise en avant des titres. Ming Zhan, Qin Yu et Ji Wang, chercheurs en Finlande, Suède et Chine, se sont intéressés à l'utilisation des mots-dièses (ou hashtags), ces termes précédés d'un # qui permettent de caractériser et classifier les différentes publications sur les réseaux sociaux, et notamment sur Instagram.

Entre avril et août 2017, les chercheurs ont mis en place un système de récupération automatique des publications contenant les hashtags #book, #reading, #read et #bookstagram, associé au hashtag #library. Le programme a récupéré 6,9 millions de légendes associées à des photographies, enregistrant au passage le nombre de « j'aime » et de commentaires de chaque publication, mais seulement 2,5 millions ont été conservées, après suppression des doublons.
 

Organiser au mieux sa publication


L'analyse des légendes collectées a pour but de déterminer l'influence de l'utilisation et de l'emplacement des hashtags sur le succès d'une publication, autrement dit les « j'aime » et les commentaires. Pour cela, les chercheurs ont déterminé la fréquence des hashtags dans une légende (trouvait-on uniquement des hashtags ou un texte associé ?) et leur emplacement (y avait-il avant un texte associé, après un texte associé, intégrés au texte associé ?).

Sur l'ensemble des publications analysées dans le cadre de l'étude, il apparait que la plupart des légendes contiennent moins de 23 mots-dièses et moins de 100 mots, sur l'ensemble de la légende. 49,5 % des publications étudiées, soit 1,2 million environ, n'ont pas du tout été commentées.

Les hashtags les plus utilisés sur Instagram, pour les publications relatives au livre


Dans le cas où la publication ne contient qu'un seul hashtag, une intégration de celui-ci à la légende générale, de préférence au milieu de celle-ci, permet d'obtenir plus de commentaires. Dans ce cas de figure, il est recommandé d'écrire une légende assez fournie, ce qui peut améliorer le nombre d'interactions sociales. Le hashtag peut aussi être placé à la fin de la légende, ajoutent les chercheurs, pour améliorer le nombre de « j'aime ».

Dans le cas d'une légende comportant plus de 80 % de hashtags, il est recommandé de ne pas publier une légende intégralement constituée de hashtags, et de privilégier un emplacement à la fin de la légende. Pour une légende comportant moins de 80 % de hashtags, ces derniers peuvent être placés avec plus de liberté, mais un positionnement au début de la légende devra être absolument évité.
 
Le tableau ci-dessous donne une idée des emplacements les plus efficaces en matière de « j'aime » et de commentaires : plus la « p-value » se rapproche de 1, plus l'emplacement est efficace.




En conclusion, les chercheurs soulignent que les résultats de leur étude pourront être utiles à des bibliothèques, éditeurs et autres métiers du secteur du livre, pour attirer l'attention des utilisateurs du réseau social... Un point manque toutefois : le sponsoring des posts, qui permet d'acheter de la visibilité.

L'intégralité de l'étude, publiée par l'université suédoise de Borås, est à cette adresse.


Photographie : Book Catalog, CC BY 2.0


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