5 approches numériques de la poésie et du poème digital

Victor De Sepausy - 29.06.2020

Lecture numérique - Usages - poésie numérique outils - composition poèmes digital


Les vacances s’approchent : la création s’échauffe. Ou bien la seconde vague pointe le bout de sa crête et ses embruns… Dans tous les cas, pourquoi ne pas en profiter pour s’essayer à la poésie numérique ? Voici cinq solutions alliant langage informatique et humain, pour des compositions fleuries.


 

Forme en permanente réflexion, la poésie s’accommode de toutes les expressions nouvelles, puisant à de multiples sources des mouvements pour parler de l’humain. En duo avec des outils numériques, elle ne fait pas moins : bien au contraire, elle s’emballe dans le binaire pour dépasser le manichéisme apparent de la machine.

The Conversation a recensé cinq approches nouvelles de création poétique — bien loin des recommandations d’Aristote. Encore que…
 

La poésie générative


S’appuyant sur un programme ou un algorithme, cette dernière génère du texte à partir d’une base de données. Il suffit de mots isolés ou d’expressions pour que le poète numérique travaille sa matière. 



 
Pour exemple, le travail de John Barber, qui a généré une liste contenant plus de 5000 noms de noirs, hispanos et amérindiens tués par les forces de police depuis 2015. Ni jugement ni condamnation : un inventaire à la Prévert, qui s’autorécite. Une voix artificielle va en effet prononcer le nom des personnes, avec des intonations étrangement amusées.
 

Le remix poétique


Très simple, percutant et parfois effarant de pertinence, ce dernier agit à la manière d’une écriture surréaliste de recomposition. L’exemple de Nick Montfort en présente un exemple simple : après une visite à Taroko Gorge, à Taiwan, le poète a produit un texte splendide.



 
Scott Rettberg, marqué par cette écriture, a repris les codes du poème de Montfort, se séparant de son approche minimaliste pour un faire un texte urbain maximaliste. Et cette initiative a donné lieu à des dizaines de remix, toujours partant de Taroko Gorge…
 

Les versets visuels


On connaît avec Apollinaire cette adéquation de sens et de forme, où l’image poétique est sculptée pour exalter le sens. William Blake, en 1700, avait simplement combiné poésies et illustrations. Mais avec le numérique, cet assemblage devient plus complexe et puissant.



Le travail de Qianxun Chen autour de Shan Shui (Montagne et eau) s’articule autour d’une peinture traditionnelle de paysage, qui se modifie dans les mots et les visuels à chaque clic. Une génération automatisée.
 

Le poème vidéoludique


On sait que l’industrie du jeu vidéo s’est amusée à produire des jeux à partir de texte. Jason Nelson a effectué le parcours inverse : produire de la poésie à partir d’un jeu. Son oeuvre baptisée game, game, game, and again game se présente comme « un poème numérique, un rétrojeu, une déclaration anti-design et une exploration personnelle de la vision changeante de l’artiste en vision du monde ».


 

Ici, pas de score à pulvériser ni d’objectif, mais une atmosphère poétique, excessive, décousue…
 

Le message poétique codé


Les cryptologues se régaleront ici de cette confusion des genres. Les réalisations d’Ishac Bertran en la matière font référence. Elles ne nécessitent pas même un ordinateur, mais reposent sur des langages informatiques recomposés.


Ignotus the Mage, CC BY-SA

 
Pour saisir le message, il faut donc être en mesure de lire du code, aboutissant à des poèmes intraduisibles littéralement — et difficiles à comprendre même sans une connaissance approfondie de la langue de composition…



illustration : blickpixel CC 0


Commentaires
Bonjour, contente de voir ce sujet, mais d'où vient cette proposition de classement ? Il y a bien d'autres types de poésie numérique depuis 1959 !!! Et quel rapport avec les vacances ?
C'est dommage de parler de digital dans le titre alors qu'il n'y a pas une faute dans le texte wink

Dans le genre poème numérique, il y avait aussi les poèmes écrits en Perl par Larry Wall, le fondateur du langage Perl, une révolution à l'époque, révolution parce que Larry était... linguiste.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Perl
Je rêve !… même dans un monde "littéraire" on ne sait pas la différence entre un "nombre" et un "doigt" !

Le poème serait-il moins beau s'il était NUMÉRIQUE ?

Un poème "digital" s'écrirait ou se dirait avec les doigts. Ce pourrait être beau…

Mais utiliser l'adjectif "digital" pour "numérique" montre que vous n'aimez pas votre langue, comme disent nos cousins du Québec qui ont, je le crains, raison.

La honte !
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