Mia Couto reçoit le Prix Jan Michalski de littérature 2020 pour Les sables de l’empereur

Antoine Oury - 09.12.2020

Culture, Arts et Lettres - Récompenses - Les sables de l’empereur - Mia Couto - Prix Jan Michalski litterature


Le Prix Jan Michalski de littérature 2020 est décerné à Mia Couto pour sa trilogie As areias do imperador (Editorial Caminho, 2015-2017), traduite du portugais (Mozambique) en français par Elisabeth Monteiro Rodrigues, sous le titre Les sables de l’empereur, aux éditions Métailié en 2020. 



Le jury a salué « l’exceptionnelle qualité de l’écriture, mêlant subtilement oralité et narration, lettres, récits, fables, rêves et croyances, au cœur d’une réalité historique, le Mozambique à la fin du XIXe siècle aux prises avec la colonisation portugaise. Sans aucun manichéisme, l’auteur excelle à camper avec empathie des protagonistes confrontés à l’inhumanité de la guerre en leur offrant un souffle épique porté par la riche nature africaine ».

Né de parents portugais au Mozambique en 1955, l’écrivain et biologiste Mia Couto grandit à Beira, puis déménage dans la ville de Maputo. Il entame des études de médecine qu’il interrompt pour s’engager aux côtés du Frelimo (Front de libération du Mozambique) en faveur de l’indépendance du Mozambique qui intervient en 1975. Il devient ensuite journaliste, notamment pour Tempo et Noticias, avant de poursuivre une carrière de biologiste, spécialiste des zones côtières, en parallèle de son travail d’écriture. Il enseigne également l’écologie à l’Université de Maputo. 

Le résumé de l'éditeur pour Les sables de l'empereur :
 

À la fin du XIXe siècle, le Mozambique est ravagé par les guerres de clans et contre les colonisateurs. Deux personnages de fiction, Germano, un soldat portugais exilé sans espoir de retour parce que républicain, et Imani, une jeune Africaine, trop belle et trop intelligente, son interprète, sont le fil rouge de ce roman où ils évoluent parmi des personnages historiques bien réels, comme l'empereur africain Ngungunyane et le flamboyant Mouzinho de Albuquerque, « pacificateur » du Mozambique. La puissance coloniale portugaise se heurte à Ngungunyane, en une valse-hésitation pilotée depuis Lisbonne. Germano découvre l'Afrique de l'Est en prenant son poste dans un village perdu. Sa mission est totalement vide de sens. Là, il fait la connaissance d'Imani. Dans ses rapports à sa hiérarchie, Germano raconte les transformations de la région, mais surtout de son âme avec en toile de fond l'affrontement entre la monarchie coloniale et Ngungunyane ainsi que les guerres entre clans africains. Imani raconte les changements des destins et du pays. Elle décrit l'avancée de la colonisation, les structures familiales, les traditions qui cherchent à subsister, les migrations. Elle s'aperçoit aussi que ce qui la distingue, sa maîtrise du portugais, la sépare de ses voisins qui la voient différente, trop loin d'eux, tandis que les Portugais la considèrent trop proche. Liés par un amour ambigu, Imani et Germano partent sur le fleuve dans une itinérance chaotique et aventureuse qui les confronte à la réalité de la guerre. Ngungunyane, vaincu et humilié, est embarqué avec une partie de sa cour, dont Imani enceinte, vers Lisbonne puis exilé aux Açores.


Traduits dans plus de trente langues, les textes de Mia Couto ont reçu de nombreuses récompenses, dont le Prix Camões 2013 et le Prix Neustadt 2014 pour l’ensemble de son œuvre. Il est aujourd’hui considéré, tant par la critique que par ses pairs, comme l’un des écrivains africains les plus importants et l’une des voix lusophones les plus marquantes. Élisabeth Monteiro Rodrigues, lauréate du Grand Prix de traduction de la ville d’Arles en 2018, traduit l’œuvre de Mia Couto en français depuis 2005.

Mia Couto recevra avec le prix une récompense de 50.000 francs suisses, ainsi qu’une œuvre d’art choisie à son intention : une paire de sculptures uniques de l’artiste nigérian Alimi Adewale, sans titre, réalisées en 2019 en bois azobé, et d'une hauteur de 47 cm.

Cinq ouvrages faisaient partie de la sélection finale du jury, qui réunissait cette année Vera Michalski-Hoffmann, présidente du jury, Benoît Duteurtre, Alicia Giménez Bartlett, Siri Hustvedt, Carsten Jensen, Jul, Andreï Kourkov et Tomasz Różycki.
 
Le Prix, remis par la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature à Montricher, en Suisse, se déroulera en ligne cette année le mercredi 9 décembre. L'année dernière, le Prix Jan Michalski de Littérature avait été décerné à Zeruya Shalev pour son roman Douleur (Gallimard, 2017), traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz.

Le Prix Jan Michalski est décerné chaque année depuis 2010 par la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature pour couronner une œuvre de la littérature dont l'originalité réside dans son aspect multiculturel : ouvert aux écrivains du monde entier, ce prix entend ainsi contribuer à leur reconnaissance internationale.

Retrouver la liste des prix littéraires français et francophones


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