Le Mont Fuji sous la neige, un volcan et des estampes

Dépêche - 09.07.2020

Culture, Arts et Lettres - Expositions - estampes mont Fuji - musée Guimet exposition


La rare sélection d’estampes Fuji, pays de neige, que le Musée national des arts asiatiques — Guimet présente à l’occasion de sa réouverture après le confinement sanitaire, met en avant le célèbre mont Fuji. Ce volcan au cône parfait qui, culminant à 3776 mètres, forme le point le plus élevé de Honshu, l’île principale de l’archipel japonais.




 

Le MNAAG propose ainsi de dévoiler quelque 70 estampes japonaises sorties de ses réserves. Cette présentation prendra place dans les salles d’exposition temporaire du rez-de-jardin, afin de bénéficier d’un espace plus confortable permettant de respecter les règles de distanciation physique, mais, plus encore, de mieux apprécier ces œuvres insignes.


En 2013, le mont Fuji a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco au titre de lieu sacré et source d’inspiration artistique. Au croisement de la nature et de la culture, ce kami — entité divinisée du shintoïsme — règne sur les esprits et le paysage du Japon, sur ses arts enfin. Cône parfait recouvert de neiges éternelles, il est visible depuis de nombreux points de la grande île et notamment depuis la route du Tokaido.

Il est enfin un sujet majeur de l’art japonais et au cœur de quelques-unes des séries d’estampes les plus célèbres de la période d’Edo, en tout premier lieu celles de Katsushika Hokusai (1760-1849), dont un grand nombre d’œuvres sera présenté à cette occasion. Mais le Fuji est aussi un des sites les plus photographiés du pays, c’est pourquoi des photographies anciennes et contemporaines accompagneront les estampes avec quelques objets d’art décoratif.
 

Au-delà du cas emblématique du Fuji, la présentation est aussi un clin d’œil à ce « pays de neige » dont Kawabata Yasunari (1899-1972), prix Nobel de littérature en 1968, a fait le titre d’un de ses plus beaux romans. Traduire la neige est chose ardue, mais ce sera une des grandes réussites de l’estampe, de la période d’Edo jusqu’à nos jours.

Les artistes japonais utilisent le blanc du papier, travaillant « en réserve », inventant ainsi des procédés formels d’une vivifiante modernité. Elle féconde génération après génération, chaque artiste citant les maîtres antérieurs. Utagawa Hiroshige (1797-1858) se retrouve dans l’œil de Kobayashi Kiyochika (1847-1915) et Kiyochika dans celui de Kawase Hasui (1883-1957), le plus grand artiste du shin-hanga.
 

Les estampes sont des œuvres fragiles, particulièrement sensibles à la lumière, ce qui fait qu’elles ne peuvent être présentées que pendant une durée limitée. C’est pourquoi le MNAAG a fait le choix d’une présentation annuelle, en sélectionnant dans son très riche fonds d’environ 11 000 estampes, selon une thématique particulière, des œuvres insignes, pour certaines, ou moins connues, pour d’autres.
 

Si la plupart des œuvres proviennent des collections du MNAAG, de ses archives photographiques et de sa bibliothèque, la présentation bénéficie aussi de prêts du Musée national d’art moderne et de la Cité de la céramique Sèvres-Limoges.


illustration : Pèlerin devant le mont Fuji, Yashima Gakutei (vers 1786-1868), estampe surimono, vers 1823, EO1723 © RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Thierry Ollivier




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