Black Narcissus : désirs et retraite de religieuses, dans l'Himalaya

Clément Solym - 24.11.2020

Culture, Arts et Lettres - Cinéma - Black Narcissus Himalaya - religieuses retraite désir - Rumer Godden roman


Au commencement fut un roman, publié à la fin des années 30, et racontant l’histoire de religieuses en difficulté, perdues dans l’Himalaya. Puis le roman Black Narcissus de Rumer Godden devint un succès, politiquement très incorrect. Un premier film en 1947 défraya la chronique. Une minisérie vient de surgir, non moins sensible…


 

Black Narcissus (ou Narcisse noir traduit par Pierre Furlan chez Actes Sud) raconte ce groupe de nonnes submergées par un désir amplement refoulé, alors qu’elles s'installent dans un coin retiré de l’Himalaya. Son adaptation au cinéma fut saluée par Martin Scorsese comme « l’un des premiers films véritablement érotiques ». Et pour l’année de sortie, autant le dire : scandaleux.

Premier best-seller de Godden, la critique avait salué cette sortie, sans que l’on ne s’éternise trop à raconter son histoire. D’une rare beauté pour les uns, tout en subtilité et en fraîcheur pour d’autres, on le décrirait très différemment aujourd’hui .

D’autant que Rumer Godden, citoyenne britannique, décédée en 1998 à 90 ans, aura publié plus de 60 ouvrages, dont bon nombre firent l’objet d’adaptations. 
 

Là-haut sur la montagne...


Alors quid de cette expédition ecclésiastique à 8000 mètres d’altitude ? Eh bien, ces religieuses d’un ordre anglo-catholique partaient se recueillir, avec en leur sein la jeune sœur Clodagh, inexpérimentée au possible et pourtant chargée de cette difficile mission.

À ses côtés, Ruth, passablement difficile et nerveuse. 

Pour les besoins du film, Michael Powell, réalisateur britannique, et Emeric Pressburger, scénariste d’origine hongroise, établirent l’un des partenariats les plus puissants du 7e art. Or, quand Powell découvrit le livre, il considéra que l’histoire « si froidement racontée, dans une excellente prose, serait extrêmement exotique et érotique à l’écran ». Et ce, alors que la thématique sexuelle est finalement assez peu développée dans l’ouvrage. 
 


Les sœurs, à mesure qu’elles passent du temps dans ces lieux isolés, se retrouvent cependant rattrapées par des considérations charnelles bien terrestres. L’une d’entre elles, à l’aise avec les enfants, espère avoir son propre bébé. Clodagh se retrouve troublée par les souvenirs d’une histoire d’amour d’adolescente. 

Et finalement, des propos assez innocents de Godden, voici que surgit une œuvre cinématographique qui subira les foudres des censeurs… 

L’arrivée d’une nouvelle adaptation, cette fois portée en minisérie par les actrices Gemma Arterton et Aisling Franciosi, frappe fort, dans une coproduction BBC-FX
 


Pour y parvenir : Amanda Coe, scénariste, et Charlotte Bruus Christensen à la réalisation. Et toutes deux assurent qu’elles sont remontées aux sources du roman originel plus que le film de 47 ne leur a servi d’inspiration. Trois épisodes d’une heure, contre moins de deux heures pour le premier film, donnent déjà le ton. 

La diffusion en France n’est pas encore définie, mais la plateforme Hulu permet déjà de la découvrir…

 


Commentaires
Une énième excuse artistique pour salir le catholicisme : les pros du politiquement correct veulent bien salir une icône, mais on ne touche quand même pas à certaines autres, de peur de recevoir un coup de Kalachnikov...

Bref, du courage à la petite cuillère, comme leur talent.
L'auteure était profondément religieuse et catholique. Ce livre parle de soeurs anglicanes .... votre commentaire est donc à l'image de votre pseudo ... bidon.
@ Catho



Vous n'avez pas lu l'article : il insiste pourtant bien sur la part réécriture du film en insistant sur le cul qui est absent du bouquin. La critique de Bidon semble pour le moins fondé. « Dévoyage » d'une œuvre (bon, c'est une habitude) pour y ajouter quoi ?
Si dépeindre le fait que le choix de vie d'une religieuse peut être difficile est "salir le catholicisme", alors je vous incite à voir tout ce que le catholicisme a commis, vous allez en voir de la saleté.

Vous faites tout de même un exploit : vous exciter dans des termes presque identiques à ceux utilisés par la critique en 47. Vous êtes définitivement un être de tradition (même si vous prenez soin d'y ajouter le langage des trolls de 2020).
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.