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Pourquoi les spectateurs vont-ils voir des films de super héros ?

Clément Solym - 17.10.2020

Manga/BD/comics - Comics - capture faciale logiciel - films super heros - Disney procès logiciel


Les Avengers ont-ils un problème de copyright ? La société Rearden intente en effet un procès à plusieurs studios de production, dont Disney, ou encore Paramount. Selon elle, tous ont eu recours à son logiciel de capture faciale. Ce qui lui ouvre des droits à une part de bénéfices réalisés par les films…


 

La Belle et la bête, Avengers, ou encore La nuit au musée auraient volé la technologie de Rearden. Et parce que les studios ont profité de son logiciel, les films furent une réussite, qui a conduit à ce que les spectateurs se précipitent dans les salles obscures, quand ils pouvaient encore le faire sereinement. 

La question que pose le procès est donc d’une effrayante simplicité : pourquoi les consommateurs paient-ils pour voir des films ? 

La plainte indique que leur logiciel DIgital Domain 3.0 a été abusivement utilisé par les studios, au fil de leurs productions. Mais que l’on ne s’y trompe pas : cette nouvelle tentative de l’entreprise découle d’une série d’actions menées depuis quelque temps déjà. Précédemment, Rearden avait même affirmé qu’elle disposait des droits sur le logiciel, et que les réalisations cinématographiques découlaient de produits dérivés non autorisés.

À l’époque, le juge Jon Tigar avait rejeté cette notion, mais autorisait tout de même la poursuite sur la base d’une contrefaçon de brevet et violation de marques déposées.

Le logiciel en question a pour fonction de capturer le visage d’un acteur, permettant par la suite un traitement qui le recouvrira d’un masque façon Iron Man, ou de la tête de Thanos. Tout cela relève de techniques informatiques pour lesquelles les studios externalisent le travail. Et Digital Domain 3.0 compte parmi les solutions privilégiées. 
 

Silicon (dur à a)Valley


Ainsi, des blockbusters comme Avengers: Age of Ultron ou encore Gardiens de la Galaxie et même le remake de La Belle et la bête chez Disney tomberaient sous le coup de la procédure. Tout bonnement parce que les effets spéciaux seraient la principale raison pour laquelle les spectateurs iraient voir les films. Et dans le cadre d’une production tirée des univers Marvel, le discuter devient illusoire. Voire frise la mauvaise foi.

Pourtant, l’avocat de Disney, Ginger Anders, du cabinet Munger Tolles & Olson, tente le coup. « Rearden n’a aucune preuve que les consommateurs ont décidé de voir l’un des films en cause parce qu’un fournisseur tiers aurait, des mois (voire plus) avant la sortie du film, fait des copies RAM temporaires d’un logiciel qu’aucun consommateur ne connaît. » 

Cette question de RAM — la mémoire vive d’un ordinateur — devient étrangement majeure : après que le juge a débouté une première action, Rearden a changé le gant de pouvoir de main (compliqué… mais réussi). Pour Jon Tigar, la technologie ne représente pas l’aspect principal de la créativité nécessaire à un film. 

Ici, la pirouette juridique exécutée relève des acrobaties de Spider-Man : Rearden affirme que son logiciel est en fait une « œuvre littéraire originale », déposée sur un support tangible, stockée sur des disques durs d’ordinateur. Les studios auraient donc une responsabilité, par procuration, de la violation de copyright opérée. En somme, Disney est coupable de ce que les ordinateurs de ses prestataires externes contiennent. 
 

Pour quelques dollars de plus ?


De fait, soutient Disney, le casting, le scénario, l’univers, les costumes ou encore la musique sont autant de raisons qui poussent les spectateurs dans les salles obscures. « Il est hautement spéculatif de décider lequel de ces facteurs conduit les gens à payer pour voir un film », poursuit l’avocat. D’ailleurs, il faudrait considérer que le film découle de l’ensemble de ces points, suivant des critères variables pour chaque personne. 

En l’état, Rearden obtiendrait donc des dommages-intérêts s’élevant à 150.000 $. Mais dans l’hypothèse que leur plainte soit entendue, on parle alors d’un pourcentage sur les bénéfices que les films ont engrangés. Surtout que la procédure concerne des superproductions ayant généré des milliards de dollars. 

Les aspects techniques rebuteront les profanes, et les avocats s’en donneront à cœur joie de jargon. Pour l’heure, Disney s’en tient à une position simple : pour un seul personnage, les outils technologiques sont multiples, et le logiciel en question n’est intervenu que dans un travail préliminaire. Le problème reste que ce cas ferait un précédent terrible…


via WDWNT, Hollywood reporter, Comicbook


Commentaires
Oulà pas mal de fautes là-dedans. La société Rearden a développé le logiciel MOVA (Contour Reality Capture Program). À la suite d'une récente victoire sur une filiale de Digital Domain, Digital Domain 3.0 («DD3»), qui garantissait les droits de propriété intellectuelle de Rearden sur MOVA, Rearden a intenté cette action en justice contre les trois producteurs à succès qui avaient conclu un contrat avec DD3 pour utiliser MOVA dans leurs productions.



Les experts qui s'inquiètent des effets potentiels d'une décision contraire et sans précédent ont applaudi le rejet de la revendication de copyright de Rearden. Parmi eux, l’avocat spécialisé en propriété intellectuelle Ethan Jacobs soutient la décision, déclarant que «sa décision maintient le statu quo et la compréhension de bon sens de tous sur le fonctionnement des logiciels.»



Les défenseurs des studios de cinéma de The Hollywood Reporter ont également mis en évidence les conséquences absurdes qu'une telle théorie des droits de propriété intellectuelle pourrait produire, en émettant l'hypothèse que le raisonnement de Rearden pourrait conduire Adobe à posséder toutes les images retouchées et Microsoft à détenir les droits de propriété intellectuelle pour chaque document Word créé. De toute évidence, Rearden émet un argument qui peut-être une pente glissante : assis devant mon ordinateur en train d'écrire ceci sur mon navigateur Internet Explorer par exemple (j'utilise Firefox), je me sentirais moi-même marginalisé si mes contributions à ce thread étaient jugées si insignifiantes que Microsoft en serait propriétaire.
Une dérive bien américaine... Mais qui peut trouver une solution : utiliser des logiciels LIBRES et personne ne pourra venir vous embêter !

Quand on pactise avec le diable, il ne faut pas s'étonner d'avoir des ennuis ensuite !
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